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HOMÉLIES

HOMÉLIES  2021

25-12-2021 / Messe de la nuit de Noël  (Dom André)

Messe de la nuit de Noël 

(Dom André)




HOMÉLIE



Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ.

 

Mes Frères,

 

Il y a quelques jours un document de l’Union européenne recommandait à ses membres de ne plus souhaiter Joyeux Noël. Nous pourrions penser qu’il s’agissait d’oublier cette année la joie de la Nativité car notre monde n’est pas vraiment en mode « joyeux » avec le nouveau variant qui referme les frontières, reconfine les gens dans des espaces restreints et affecte tant de gens. En réalité, ce document était plutôt une mode de laïcité édulcorée, de l’eau distillée, un anachronisme, dira le Pape François. En fait, sous couvert de respecter les différentes traditions religieuses, on appelait à cette uniformisation qui ne tolère plus aucune différence. Il n’y avait donc aucun lien avec la joie, la bonne nouvelle d’une grande joie cette nuit : un Enfant nous est né, nous a été donné.

 

Le Seigneur passe dans la nuit que nous vivons en humanité, dans cette nuit où nous avons vraiment besoin d’entendre ne craignez pas. Il passe, il est là. N’allons pas le chercher ailleurs, dans un autre rendez-vous. Il vient à nous dans cette nuit : il vient être-avec-nous, habiter avec nous. Nous ne sommes pas dans la nostalgie ou dans le rêve de merveilles encore à venir : nous sommes bien dans cette nuit où il se rend présent. L’enfant nouveau-né est un signe unique d’amour, d’espérance, de paix. Et Jésus est porteur de cette vie… Là même où on n’a pas réussi à lui faire de place, il commence déjà à changer la configuration du ciel où des êtres innombrables chantent la louange de Dieu et aussi la configuration de la terre où des hommes un peu marginaux, isolés, des bergers, se mettent en marche pour venir à sa rencontre, pour le voir et l’adorer.

 

La fraternité et l’amitié sociale auquel notre monde aspire, ce n’est pas pour demain quand la pandémie sera enfin derrière nous, c’est maintenant dans cette nuit que vit l’humanité, cette nuit de Noël où le Christ ne cesse de naître pour nous, qu’elles commencent et se renouvellent. Et le prophète Isaïe a raison de le reconnaître : cette nuit, une lumière a resplendi : Dieu a prodigué la joie et fait grandir l’allégresse à cause de cet Enfant qu’il nous a donné. Car cet Enfant révèle et accomplit ce que le Père éternel a conçu pour nous de toute éternité. Il fait cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers. Notre joie est dans ce don prodigieux que Dieu nous a fait par la nativité et l’incarnation de son Fils unique.

 

Il y a en cette nuit de Noël un appel plus pressant que jamais à vivre dans le temps présent, comme nous y invite saint Paul.

• À vivre notre fraternité pour que cet amour fraternel dans notre communauté rayonne sur ceux et celles avec qui nous avons des liens et que nous portons dans notre prière.

• À vivre notre communion avec tous ceux et celles qui ont besoin de notre aide et plus encore de notre espérance et de notre confiance pour traverser des moments plus difficiles.

• À vivre notre joie qui a sa source en Celui qui nous redit jour après jour comme il l’a dit une fois pour toutes à Jésus : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré…  

 

Dieu nous a donné son Fils Jésus, il nous l’a envoyé pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. L’Enfant-Dieu va grandir et partout où il passera, il fera le bien. Il veut déjà nous transmettre cette même passion de faire le bien là dans toutes les vies où nous passons nous aussi.

 

Soyons des témoins et des semeurs d’espérance pour tout le peuple de Dieu en cette nuit où il s’est fait l’un de nous… en cette nuit où la joie, notre joie peut devenir contagieuse malgré tout !

 

25-12-2021 / Messe du jour de Noël (Dom André)

Messe du jour de Noël 

(Dom André)




HOMÉLIE



 

Mes Frères,

 

Il y a en chacun de nous un désir profond de lumière, de bonheur, de paix, de vie. Mais ce désir se heurte sans cesse à nos propres limites et nous avons tôt fait de découvrir que notre finitude humaine ne nous permet pas d’atteindre ce but, même en maîtrisant encore plus de choses dans la nature et dans le temps. Nous avons tous ce grand désir de lumière et de bonheur et il exprime une vérité humaine profonde. La trace de ce désir en nous, nous fait ressentir intimement que nous avons vécu une double naissance, celle qui nous vient de nos parents et celle qui nous vient de Dieu. Nous sommes nés de Dieu. Et nous sommes enfants de lumière, en dépit de toutes nos fautes, nos doutes, nos souffrances, nos reniements qui nous le font parfois oublier ou qui nous détournent de cette autre filiation si difficile à vivre.

 

Tout aurait été beaucoup plus simple, sans doute, si nous avions été enveloppés un jour par la lumière de Dieu comme les bergers la nuit de Noël. Mais ce matin, Dieu nous fait découvrir que c’est le Christ la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. La lumière de Dieu a commencé à nous habiter dès la naissance de Jésus. Et nous avons tous eu part à sa plénitude. Nous sommes porteurs de cet Infini lumineux qui nous habite et qui ouvre notre vie au-delà des horizons, bien réels mais aussi trompeurs, de notre finitude. Cette lumière nous dévoile comment la grandeur du monde à venir, l’éternel de Dieu, habite déjà dans ce monde-ci.

 

C’est à ceux qui croient en Lui et qui acceptent de recevoir sa Lumière, que le Christ donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. C’est aussi à eux que le prophète peut dire en toute vérité : Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive ta lumière, la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. (Is 60,1). Mais ce « pouvoir » de devenir pleinement ce que nous sommes, enfants de Dieu, comment peut-on le comprendre aujourd’hui dans une culture où tout le monde se méfie du « pouvoir » ? Il y a certainement d’abord la toute-puissance de l’amour car c’est par la lumière du Christ que nous voyons aussi la lumière dans les autres et que nous pouvons les faire advenir ou les aider à parvenir à leur vraie stature d’êtres humains, de fils de lumière, en ouvrant une brèche dans le sentiment si répandu aujourd’hui d’exister comme des êtres-par-nous-mêmes, indépendants, autonomes alors que nous avons tellement besoin - pour vivre - de solidarité, de fraternité et d’amitié sociale. Tout l’incarnation de Jésus témoigne de cette vérité : il a aimé les siens jusqu’au bout. Lui ressembler c’est donc nous aussi aimer encore les siens (et pas seulement les nôtres mais tous les siens) jusqu’au bout. Le Mahatma Gandhi disait : un ennemi, c’est un frère que nous n’avons pas encore aimé jusqu’au bout. Haïr les vices mais toujours aimer les frères. Le pouvoir de devenir enfants de Dieu touche également une autre réalité qui, entre le Christ Jésus et nous, nous est tout aussi commune que l’amour, c’est le pouvoir de souffrir, non pas subir la souffrance mais la porter et l’offrir dans la patience. À la fin du prologue de la Règle, saint Benoît nous rappelle que ce partage des souffrances du Christ par la patience est la voie pour avoir part à son règne.

 

Le Verbe est la lumière véritable qui éclaire tout être humain. Nous sommes la lumière du monde si nous vivons en fils de lumière et que notre lumière brille devant les hommes et devient source de lumière pour notre monde. Saint Benoît nous dit de courir pendant que nous avons la lumière et de nous hâter de faire maintenant ce qui doit nous faire avancer pour l’éternité. C’est la note joyeuse de l’amour qui s’empresse au-devant de Dieu et des autres pour les servir et les aimer.

 

Mes frères, la lumière venue dans notre monde à la nativité de Jésus ne s’est jamais éteinte. Elle est toujours là. Elle nous habite toujours. Elle allume chaque année des étoiles dans le regard des enfants à Noël et elle nous laisse à tous la joie imprenable et l’émerveillement toujours neuf de nous savoir nés de Dieu et frères de ce nouveau-né, ce Dieu-avec-nous, qui continue à transformer la vie et l’histoire de notre monde.

 

Ce qui était dès le commencement du Verbe de vie et de sa Lumière, nous avons reçu constamment la capacité élargie de l’accueillir dans plein de choses que nous avons pu découvrir et contempler car il n’y a pas un jour où la Vie, Sa Vie, ne s’est pas manifestée… en nous et autour de nous.


26-12-2021 / La Sainte Famille (Frère Emmanuel)

La Sainte Famille 

(Frère Emmanuel)




HOMÉLIE




Chers Frères,


C’est la vie de deux familles que les lectures bibliques nous proposent aujourd’hui pour célébrer la famille sainte, formée de Joseph, Marie et Jésus.


Notre première lecture nous rapportait une partie de l’histoire d’Elqana, de sa femme Anne et de leur fils Samuel. À nos yeux du XXI siècle, l’écart entre les deux familles est frappant, choquant même. En effet, Anne a décidé de consacrer son enfant au Seigneur et le conduit au temple dès qu’il a été sevré. Cela veut dire un très jeune enfant. Comme pour atténuer le choc, pour nous lecteurs d’aujourd’hui, la note de la bible de Jérusalem indique : Les enfants étaient sevrés tard. Il reste qu’il était très jeune puisque plus loin le texte dit que chaque année sa mère lui faisait un petit manteau qu’elle lui apportait lorsqu’elle venait au pèlerinage annuel. Et à plusieurs reprises le texte parle du jeune Samuel, un Samuel qui grandit.


L’escapade de Jésus au Temple de Jérusalem est tout autre. Il est venu, selon la coutume, comme chaque année avec ses parents en pèlerinage. Il a 12 ans, un jeune adolescent qui commence à savoir ce qu’il veut. Il a déjà de nombreuses relations avec les gens de son village et sa famille élargie. Pour preuve, ses parents ne s’inquiètent pas de ne pas l’avoir vu de la journée. Seule la halte du soir et l’heure du souper leur fait réaliser son absence dans le groupe de pèlerins sur la route du retour. Que lui est-il arrivé? Un malheur, un accident, une embuscade entre groupes de jeunes, une maladie, une fugue ? L’angoisse de Marie et de Joseph rejoint alors celle de nombreux parents à travers les siècles. Dans toutes les histoires humaines que la bible nous rapporte c’est le seul cas de fugue. Trois jours à chercher cet enfant si particulier. Trois jours d’angoisse, c’est long. Où peut-il être ? Que lui est-il arrivé?


Quand ils le retrouvent au Temple, c’est lui le premier étonné que l’on le cherche avec tant de sollicitude. Pourquoi m’avez-vous cherché? Je suis bien ici, c’est la maison de mon Père. Phrase énigmatique comme en prononce beaucoup de jeunes. Elle indique pourtant un désir profond, sincère qu’un jour l’adulte qu’il sera devenu, réalisera. Et comme bien des parents, ils ne comprirent pas. Mais sa maman enregistre les faits et les garde dans un coin de son cœur. L’attention d’une maman qui perçoit les prémisses de ce que sera son enfant.


Voilà les trois de Nazareth de nouveau réuni. Jésus et ses parents reprennent leur vie quotidienne. Jésus va continuer sa croissance en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et les hommes, selon notre texte. L’évangéliste Luc ne s’attarde pas plus. Rien en nous est dit des dix huit annnées qui vont suivre. Notre curiosité devra se contenter de cela.


La famille de Nazareth poursuit son chemin, cachée dans ce petit village de Galilée. Il y eut d’autres pèlerinage à Jérusalem. D’autres visites au Temple, d’autres lectures des rouleaux de la Loi et des Prophètes. La mémoire orale est grande à cette époque, on connait par cœur les psaumes et de longs passages de l’Écriture. Jésus devient jeune homme, jeune adulte. Les cheveux de ses parents commencent à blanchir. Quand Joseph a-t-il disparu de leur vie quotidienne ? Un accident ? L’âge ? La maladie ? Questions sans réponses car elles font partie de l’ordinaire de la vie de toute famille. Ces années là peuvent être passées sous silence, elles sont cependant formatrices de ce que Jésus sera. Or justement c’est ce qui intéresse l’évangéliste et non pas comment il est devenu ce qu’Il est.


Et c’est tout l’intérêt de fêter la sainte famille de Nazareth. C’est la vie ordinaire d’une famille juive de son époque. En elle se forme, s’éduque le jeune Jésus qui va devenir celui que l’on sait parce que déjà en lui est ce qui doit être.


Une famille de Nazareth qui peut devenir l’exemple de ce qu’est notre vie de communauté. Une vie simple, une vie ordinaire, une vie cachée où grandit en chacun de nous ce que nous sommes appelés à être, des disciples de Jésus, marchant, tant bien que mal, sur ses traces pour être accueillis un jour dans la gloire de notre Dieu que Jésus nous fait appeler papa.


28-12-2021 / Les saints innocents (Frère Sylvain)

Les saints innocents

(Frère Sylvain)




HOMÉLIE




« Un cri s’élève dans Rama… c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus »

 

Mes frères,


La lectio nous a familiarisés avec la richesse des textes bibliques, qui utilisent plus d’un procédé littéraire pour ouvrir le sens des événements. Il y a la citation, qui convoque des mots et des événements du passé pour lire et éclairer une situation présente. Jérémie se réfère à la destruction de Jérusalem et à la tristesse de l’exil lorsqu’il dit de Rachel qu’elle pleure ses enfants qui ne sont plus. La violence meurtrière qui fait des victimes innocentes se répète sans cesse et son chant douloureux traverse les siècles.

 

L’évocation est un autre procédé littéraire. Celle-ci décrit le présent en utilisant des mots qui évoquent des situations du passé, sans les nommer explicitement. Hérode qui fait tuer tous les enfants de deux ans à Bethléem et dans toute la région évoque le meurtre des enfants d’Israël par pharaon, en Égypte, au temps de Moïse. Les dictatures de rois qui imposent leur pouvoir par la force lorsqu’ils se sentent menacés, traversent, elles aussi, les siècles.

 

Mais, comme lors de l’exode, Dieu veille sur son peuple et prépare son salut. La fuite de Joseph en Égypte avec l’enfant et sa mère, évoque l’histoire de son ancêtre du même nom, lui aussi fils de Jacob et à qui Dieu parlait également par des songes. Joseph s’était retrouvé en Égypte pour assurer la survie de ses frères menacés de mourir en raison de la famine qui sévissait en Israël. Exode inversé, ou la terre promise est menace de mort, et la terre d’Égypte le lieu du salut. Cet exode est aussi exil pour la jeune famille qui doit fuir de nuit son pays natal et sa violence meurtrière. Long cortège des exilés, des réfugiés, des migrants, qui traversent non seulement les frontières, mais aussi les siècles, jusqu’à nous.

 

Rachel a pleuré ses enfants ; Marie pleurera la mort du sien. Mais les larmes de l’une et de l’autre seront larmes de joie lorsque l’enfant de la promesse triomphera de la violence, de la haine, et de la mort elle-même au jour de la résurrection. Dans nos textes bibliques, le passé est tour à tour convoqué et évoqué. Ce jour-là, il sera révoqué et, cela, de façon définitive.



HOMÉLIES  2022

01-01-2022 / Solennité de Marie, Mère de Dieu (Dom André)

Solennité de Marie, Mère de Dieu
(Dom André)



HOMÉLIE



Mes Frères,
 
L’enfant, né de Marie, reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. Le prophète Isaïe lui avait aussi donné d’autres noms : Emmanuel, Dieu-avec-nous, Conseiller-Merveilleux, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. À l’annonce de la nativité de Jésus Christ selon la chair, nous l’avons bien entendu : tout l’univers était en paix. Mais nous étions bel et bien dans la prophétie plutôt que dans la réalité car y a-t-il eu un seul jour de paix dans notre maison commune depuis que nous l’habitons ? Il n’y a pas toujours des guerres ouvertes mais il y a des guerres larvées et des fausses paix quand l’ensemble des nations laissent perdurer des situations comme celles qui existent en Syrie, au Yémen, au Soudan, à la frontière de l’Ukraine ou quand on se désintéresse du sort de populations entières telles que les Afghans, les Haïtiens, les Ouïghours en Chine, les Rohingyas en Birmanie. Pourtant nous appartenons à la famille de ce Prince-de-la-Paix; nous sommes de ses disciples, nous, qui pouvons dire : Nous avons trouvé le Messie.
 
Comme les bergers qui après l’avoir vu, racontaient ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant, nous pouvons raconter tout ce qui nous a été dit de Jésus, tout ce que nous avons entendu et appris d’hommes et de femmes de notre génération qui ont été de véritables artisans de paix, frères et sœurs du Prince-de-la-paix. Et c’est important de le raconter, de partager leur histoire pour que de plus en plus de gens croient que la paix est possible.
 
Pensons simplement aux saints et saintes de notre Ordre béatifiés ou canonisés depuis que nous sommes moines. Pensons à nos sept Frères de Tibhirine qui ont prouvé jusque dans le don de leur vie et même au-delà de leur mort, que des Chrétiens et des Musulmans pouvaient vivre ensemble dans un même coin de pays. Pensons au dialogue continué, sur le même chemin, mais à une autre échelle, par le Pape François et l’émir Ahmed el-Tayeb d’Abou Dhabi et à leur déclaration commune sur la fraternité et la paix dans le monde il y aura 3 ans le 4 février. Pensons encore plus près de nous aux nombreux intervenants, aidants naturels, bénévoles qui se dévouent et se dépassent jour après jour dans tous les services devenus essentiels en ce temps de pandémie.
 
Il faut raconter ces passages de la prophétie à la réalité, en dépit des apparences souvent contraires. Nous avons là une vraie mission et une responsabilité. Comment les gens pourraient-ils croire que la paix puisse avoir un avenir si nous ne leur racontons pas ce qui advient grâce à cet enfant né de Marie et à ce qu’il a inauguré de nouveau par son Incarnation et sa Résurrection ? Nous sommes appelés aujourd’hui plus que jamais à rendre compte de notre espérance, à la rendre visible, à raconter, comme les bergers, les merveilles de Dieu et à imiter Marie, à faire comme elle, c’est-à-dire à retenir tous ces événements et à les méditer dans notre cœur.
 
Retenir est déjà tout un exercice en soi. Apprendre de Marie à retenir et à intégrer ce que nous découvrons de Dieu dans notre lectio divina et nos autres lectures, dans nos relations, dans l’histoire des hommes et des femmes qui habitent notre maison commune. Méditer tout cela pour l’approfondir et l’enraciner, le personnaliser. Et comme Marie, retenir et méditer… dans notre cœur; dans notre intelligence assurément, mais surtout… dans notre cœur.
 
Nous sommes nés de Dieu. Nous avons été adoptés comme fils de Dieu. Et voici la preuve que nous sommes des fils, nous redit saint Paul ce matin : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs. Retenir et méditer dans notre cœur, avec l’Esprit de Jésus répandu dans nos cœurs, tous les événements de paix et d’amour de notre Dieu.
 
Les bergers repartirent et ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu. On peut se demander comment ils avaient bien pu repartir, voire même décider de repartir alors qu’ils étaient en présence de Jésus l’Enfant-Dieu. En fait, ils ne sont pas repartis de la crèche de Bethléem, ils sont repartis du Christ et, en ce premier jour d’une année nouvelle, ils nous entraînent sur le même chemin : repartir du Christ nous aussi.
 
Entre l’arrivée et le départ des bergers, entre les découvertes de leur foi et leur louange finale, n’oublions pas l’attitude de celle qui a enfanté le Verbe de Vie. Marie est resté silencieuse pendant le récit des bergers et devant l’étonnement des gens. Elle va retenir et méditer tous ces événements encore longtemps. Et celle qui a mis au monde le sauveur du monde, celle qui est la mère de Dieu, n’a pas tout compris non plus du mystère de son Fils. Mais sa foi de disciple et son amour de mère lui ont permis de dire oui à chaque pas et d’inviter les autres à faire de même : faites tout ce qu’il vous dira…
 
Comme Jean le disciple bien-aimé, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous puisque le Christ nous l’a donnée comme mère à nous aussi.

02-01-2022 / Épiphanie (Dom Yvon Joseph)

Épiphanie
(Dom Yvon Joseph)



HOMÉLIE



Les mages peuvent quitter l’humble maison de Bethléem… Ils ont vu le Sauveur, ils l’ont adoré et sa lumière brille en eux : elle éclaire leur esprit et leur cœur.
 
Ils peuvent regagner leur pays « par un autre chemin » : ils n’ont plus besoin qu’une étoile les guide, car ils viennent de reconnaître celui qui est désormais pour eux « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Où qu’ils aillent, où qu’ils se trouvent, il sera pour eux « Emmanuel », Dieu-avec-eux, présent au plus intime de leur être…
 
Les mages s’en vont… Ils ne restent pas auprès de Jésus parmi ses proches. Ils ne reviendront pas non plus pour être du nombre des premiers disciples qui suivront Jésus sur les routes de la Judée, de la Galilée et de la Samarie… Ils partent et plus aucune nouvelle ne nous parviendra à leur sujet. Nous pourrions désirer en savoir plus sur leur cheminement de foi et sur leur vie illuminée par l’enfant devant lequel ils se sont prosternés… Mais les évangiles ne nous en disent rien : ils n’ont pas pour but de répondre à notre curiosité, mais d’éveiller la foi en nous aussi…
 
Dans ce récit que l’évangéliste saint Mathieu est le seul à nous transmettre, les mages sont des témoins par leur venue si mystérieuse auprès de Jésus, et plus encore par leur départ, par leur disparition, pourrions-nous dire.
 
D’une part, leur présence auprès de l’enfant nouveau-né nous révèle que Jésus n’est pas seulement le Sauveur de son peuple mais le Sauveur de toutes les nations… Qu’il est porteur d’une mission universelle de salut !
 
D’autre part, leur disparition et le silence qui les entoure ouvre nos yeux sur l’action de Dieu au cœur de l’humanité… Les mages sont les représentants de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, d’une manière ou d’une autre, ont vu briller non pas la lumière d’un astre, mais ont accueilli dans leur propre cœur une lumière qui les orientait et les oriente toujours vers une recherche de vérité, de bonté et de beauté dans toute leur vie… Le Dieu qui a guidé les mages par l’étoile mystérieuse est aussi celui qui est mystérieusement à l’œuvre au sein de l’humanité, faisant briller sa lumière dans les cœurs et dans les consciences de toutes celles et de tous ceux qui sont à la recherche de sens à leur vie.
 
Cette fête de lumière ouvre toutes grandes les portes de l’humble maison de Bethléem pour accueillir la multitude que Dieu appelle au salut. La lumière de Dieu et du Fils de Dieu ne s’est pas laissé enfermer dans les limites d’Israël, et elle ne se laisse pas davantage renfermer dans les limites de l’Église, de la communauté officielle des croyants… Dieu ne met pas de limite à sa lumière qu’il répand généreusement dans les cœurs et au don de son Esprit Saint qu’il répand dans le monde entier.
 
Les mages sont venus à Jésus par un chemin que les grands prêtres et les scribes d’Israël n’avaient pas prévu. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes peuvent venir à Jésus, et parfois sans en prendre conscience eux-mêmes, en se faisant proches de leurs sœurs et de leurs frères en humanité, surtout des plus pauvres et des plus souffrants. « C’est à moi que vous l’avez fait » leur révélera Jésus.
 
« Le Verbe est la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jn 1, 9), nous a révélé l’évangéliste saint Jean, au matin de Noël, dans une méditation hautement contemplative. « Vraie lumière », Jésus vient éclairer le meilleur que chacun et chacune porte en soi : son être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, son être de fille et de fils du Père des lumières.  
 
Admirable espérance à laquelle nous ouvre cette fête de l’Épiphanie ! Espérance infinie à partager avec tous dans la lumière de la foi : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » !

09-01-2022 / Baptême du Seigneur (Frère Bruno-Marie)

Baptême du Seigneur
(Frère Bruno-Marie)



HOMÉLIE



Mes frères,
 
Chacun de nous a fait un jour ou l’autre l’ expérience d’une conversion. Quand je dis une expérience de conversion, je ne pense pas seulement parler du passage du mal au bien, de pécheur à pratiquant mais aussi, du passage de tiède à fervent, de bon à meilleur, d’ être à plus d’être, d’une lumière à une plus grande lumière.
 
C’est dans ce passage d’une lumière à une plus grande lumière que j’aime à contempler le mystère du Baptême de l’homme Jésus que nous célébrons aujourd’hui. Jésus n’était certes pas un pécheur. Élevé dans la foi de ses pères depuis sa plus tendre enfance par Marie et Joseph, Jésus se nourrissait de la Parole de Dieu. Comme Il le dira lui-même plus tard à ses disciples : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. »
 
C’est donc animé par sa recherche de Dieu et non pas par la curiosité que Jésus de Nazareth se rend sur les rives du Jourdain là où Jean baptise.
 
Nous ne savons pas combien de temps Il est demeuré auprès de Jean. Mais nous savons qu’un jour Il se sentit Lui aussi poussé à descendre dans les eaux du Jourdain pour y être baptisé. C’est alors que se produisit ce que j’appelle la conversion de l’homme Jésus; ce passage d’une lumière à une plus grande lumière. Tout en demeurant profondément le même, Jésus de Nazareth devenait un homme nouveau. Une autre voie, insoupçonnée s’ouvrait devant Lui. L’ Esprit-Saint était descendu sur Lui et une voix venue du ciel Lui avait dit : « Tu est mon Fils bien-aimé, en toi je trouve toute ma joie ».
 
Comme dans toute expérience de conversion, il n’y eut dans la vie de Jésus de Nazareth une coupure, un avant et un après. Une page venait de se tourner dans sa vie. Il ne reviendrait jamais plus à son établi. Désormais, il savait clairement qui il était et qu’elle était sa vocation. Il était le Fils bien-aimé du Père et sa vocation était d’ être la joie de son Père.
 
A partir de ce jour, Jésus poussé par l’Esprit se mit à parcourir tout le pays pour consoler son peuple, annoncer à Jérusalem que son service est accompli et que son crime est pardonné.
 
Pour être la joie de son Père ou plutôt pour être l’expression de la joie de son Père, Jésus se met aussi à porter la bonne nouvelle aux pauvres, à annoncer aux captifs la délivrance et à proclamer une année de grâce de la part du Seigneur. De plus par son enseignement et ses miracles, Il rend actuelle cette parole inimaginable du prophète Isaïe : « Voici votre Dieu ».
 
Tout comme saint François disait un jour à frère Léon que la joie parfaite consisterait être jetés dehors du couvent et roués de coups par le portier, Jésus trouvera la joie parfaite quand jeté dehors de Jérusalem il sera roué de coups par les gardiens de la Loi, car en mourant sur la croix Il deviendra par tout son être l’expression de la plus belle parole d’amour de tous les temps : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il lui donna son Fils, son Unique. »

16-01-2022 / 2e Dimanche du temps de l’Église (Frère Sylvain)

2e Dimanche du temps de l’Église
(Frère Sylvain)



HOMÉLIE



« Il y eut un mariage à Cana de Galilée ».

Frères et sœurs,

Dans son évangile, Jean précise que cet événement prend place, « le troisième jour », au terme de la première semaine, celle du témoignage de Jean Baptiste et de l’appel des premiers disciples : André, Jean, Pierre, Philippe et Nathanaël. « Le troisième jour » : la noce a d’emblée une saveur pascale.

L’événement se déroule à Cana de Galilée, une petite bourgade à environ 15 km de Nazareth. La mère de Jésus était là : est-elle de la parenté ou une simple connaissance? Le texte ne le précise pas. C’est la première mention de Marie dans l’évangile de Jean, bien que son nom ne soit jamais mentionné : ici, comme au pied de la croix, c’est son rôle de mère qui est mis de l’avant. Jésus, quant à lui, la désigne du nom de « Femme », comme aux premières pages de la Genèse.

Jésus aussi est invité au mariage, avec ses disciples. Depuis quelques jours seulement qu’ils sont avec lui, ils le connaissent bien peu. Lui, par contre connaît ce qu’il y a dans le cœur de chacun : Nathanaël en a fait l’expérience. Mais un repas de noces, c’est une bonne occasion pour faire plus ample connaissance. Quelques jours plus tard, Jean Baptiste désignera Jésus comme étant lui-même l’époux, celui à qui l’épouse appartient.

Il y a donc un mariage à Cana. Selon la tradition juive de l’époque, il s’agit d’une affaire purement civile, familiale, sans rite religieux, sinon la bénédiction donnée par les parents à la fiancée. La célébration a lieu généralement à l’automne, après les récoltes, et la fête se déroule dans la maison paternelle du fiancé (société patriarcale oblige !). La fiancée, voilée et entourée de ses compagnes, se joint au cortège des amis du fiancé vers la maison où ont lieu les réjouissances.

Dans notre évangile, l’attention ne se porte pas sur les époux, mais sur le repas de noces, plus précisément sur l’élément le plus festif de ce repas, et qui vient à manquer : le vin. Ce que la mère de Jésus signale à son attention. « Femme, que me veux-tu? Mon heure n’est pas encore venue ». C’est la première mention de « l’heure » de Jésus dans l’évangile de Jean. L’heure n’est pas venue, pour Jésus, de passer de ce monde à la gloire du Père, mais c’est pour lui l’heure de manifester en ce monde la gloire du Père. Ce qu’il fait en changeant en vin les quelques six cents litres d’eau que contiennent les jarres. C’est beaucoup de vin, et du bon vin, un vin de qualité, gardé jusque-là pour la joie des invités.

Tous les invités de la noce ont pu goûter ce bon vin. Tous sont bénéficiaires du signe accompli par Jésus. La joie de tous les invités de la noce fait la joie de Dieu, et là est sa gloire. Mais, parmi tous ces invités, seuls les servants, les disciples et la mère de Jésus ont été témoins du signe que Jésus a accompli et ont pu rendre grâce dans la foi pour la gloire ainsi manifestée.

Ce premier signe accompli à Cana dit quelque chose de l’humilité de Jésus, de l’humilité de Dieu. L’abondance du vin réjouit les invités, mais ils ne savent pas d’où il provient : seuls quelques témoins en connaissent la source divine. Dieu reste pour ainsi dire dans l’ombre. N’en est-il pas ainsi pour chaque moment de bonheur, même fugace, qui inonde le cœur d’une personne ou les cœurs d’une collectivité entière ? N’en est-il pas ainsi pour chaque étincelle de joie qui illumine un regard, pour chaque manifestation de bonté ou de beauté qui fait tressaillir le corps et l’esprit et fait exulter l’âme ? Pour chaque exploit, chaque performance humaine qui suscite l’admiration et fait jaillir la gratitude? Et cela, sans que l’on puisse en déceler la source ultime, en nommer la source divine qui s’épanche ainsi sur notre terre désolée ?

« À ton pays, nul ne dira : « Désolation » ! Toi, tu seras appelée : « Ma Préférence », cette terre se nommera : « l’Épousée ». Quelle époque, quel pays, quelle terre, quel cœur humain, n’a un jour connu la désolation ? Jésus a fait abonder le vin lors du mariage à Cana. Mais il connaît la fragilité de cette institution, comme de toutes nos institutions, et la désolation qui peut en résulter. Il a rencontré plus tard une femme de Samarie, dont on dit qu’elle a eu cinq époux, et dont l’homme avec qui elle vit n’est pas le mari. Était-elle de ces femmes « qui aiment trop » et sont souvent victimes de violence conjugale ?... On lui amène aussi un jour une femme prise en délit d’adultère – était-elle heureuse dans son mariage? – et que l’on instrumentalise pour opposer Jésus à la loi de Moïse, tout en laissant dans l’ombre son compagnon d’adultère… désolante aussi l’institution religieuse et ses représentants !

Et que dire des collectivités? Comme Jérusalem, quel pays, quelle terre, n’a connu la désolation? Celle produite par les conflits, la violence, la guerre, les génocides, les famines et tant d’autres maux ? Quelle terre, quelle nation, quelle famille n’aspire à être restaurée dans son intégrité, à devenir le lieu de la joie et de la fête? C’est l’immense tâche à laquelle nous devons travailler, chacun selon les dons qui lui ont été départis par l’Esprit, comme nous le rappelle saint Paul ce matin. Jusqu’au jour où Dieu restaurera l’humanité entière en sa plénitude, en la faisant entrer dans la joie d’une noce éternelle.

23-01-2022 / 3e Dimanche du temps de l’Église (Frère Michel)

3e Dimanche du temps de l’Église
(Frère Michel)



HOMÉLIE



L’Évangile d’aujourd’hui met en scène Jésus au début de son ministère.
Et pour ce début de ministère, saint Luc choisit de nous montrer Jésus non pas en train de faire un miracle ou une guérison, mais dans une posture beaucoup moins spectaculaire : il nous montre Jésus prenant la parole dans un contexte liturgique.
Et contrairement à Jean-Baptiste qui prêchait en pleine nature, au bord du Jourdain, la prédication de Jésus se déroule ici plutôt dans un espace et dans un temps spécialement réservés à cet effet : c’est-à-dire une synagogue un jour de sabbat. Jésus agit dans la plus grande simplicité.
D’ailleurs, même si la renommée de Jésus se répand déjà dans toute la Galilée, cette scène se passe non pas dans la capitale religieuse de Jérusalem, mais dans la petite ville de Nazareth où il a grandi. Sa prise de parole a donc lieu dans un univers qui lui est familier, devant des personnes qu’il connaît.
Puis, l’Évangile nous montre Jésus lire un passage du livre d’Esaïe et le commenter. Ce passage de l’Écriture, Jésus ne l’avait pas choisi lui-même : c’était la lecture du jour. Là aussi, Jésus agit dans la plus grande simplicité.
Un point intéressant à propos de ce passage d’Esaie, c’est qu’en le citant, saint Luc prend quelques libertés avec le texte biblique original : il ne reproduit pas la phrase dans sa totalité, mais il en omet une partie. Le prophète Esaïe parle d’une année de bienfaits accordée par le seigneur, mais aussi d’un jour de vengeance pour notre Dieu.
Si saint Luc a fait disparaître ce jour de vengeance, ce n’est sûrement pas pour faire plus court, mais c’est parce qu’il a une intention théologique : saint Luc fait disparaître la seule phrase de ce passage d’Ésaie qui contenait une condamnation.
En supprimant cette condamnation, saint Luc souligne que la première prise de parole de Jésus dans son Évangile est avant tout un message de grâce et de bienveillance de la part de Dieu. Oui, le message de Jésus se veut uniquement et seulement miséricordieux.
Ce texte d’Esaïe qui était lu année après année dans le cycle liturgique, Jésus l’actualise pour en faire une relecture contextuelle et existentielle.
Par cette prise de parole dans la petite synagogue de Nazareth, quelque chose va se passer, une réalité qui est susceptible de bousculer la vie de ceux qui écoutent.
Et cette réalité s’exprime par le commentaire de Jésus, la seule phrase que saint Luc a choisi de retenir de sa courte prédication, une phrase unique mais qui résume tout: « Cette parole de l'Écriture que vous venez d’entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit ».
Oui, cette parole s’accomplit au moment et à l’instant même où Jésus parle. Elle n’est pas indépendante des événements, des lieux ou des personnes qui l’entourent. Cette parole ne consiste pas non plus en un bavardage sans importance mais elle est créatrice et elle mobilise celui qui l’entend, dans le moment présent : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ».
Que retenir de cet Évangile ? Eh bien « aujourd’hui », j’en retiens trois choses :
• Il nous dit que pour Jésus, la Parole de Dieu est première ;
• Il nous dit que cette Parole n’est pas déconnectée de la réalité et qu’elle agit dans le moment présent…;
• Il nous dit enfin que peut importe ou il se trouve, Jésus ne cherche pas à vouloir tout contrôler et tout maîtriser, ce qui le conduira à être toujours là, au bon endroit et au bon moment pour toucher le cœur de celui qui est à l’écoute de la Parole de Dieu.