28e Dimanche du Temps Ordinaire C

21 octobre 2019

Frères et Sœurs,

Un général syrien et un samaritain. Voilà les deux étrangers qui savent remercier, rendre grâce à Dieu, pour la guérison qu’ils viennent de recevoir. Dans un autre passage d l’évangile, Jésus rappellera cet épisode de Naaman, le syrien. Le seul qui fût guéri de sa lèpre en Israël à cette époque du prophète Élisée.

Nous n’avons lu que la fin de l’épisode, je vous invite à aller relire toute cette histoire de Naaman au deuxième livre des rois, elle est pleine d’enseignements. Naaman qui revient après s’être plongé sept fois dans le Jourdain. Au début, il avait trouvé stupide la demande du prophète. C’est sur l’insistance de ses serviteurs que finalement, il ira se plonger sept fois dans le fleuve. Sa foi envers Dieu est immédiate. Il vaut absolument récompenser le prophète. Mais ce n’est pas le prophète qu’il faut récompenser. C’est Dieu qu’il faut remercier. Alors pour toujours se souvenir du Dieu qui l’a guéri, il emporte avec lui de la terre pour présenter ses offrandes au Dieu d’Israël sur cette terre où il a retrouvé la santé.

L’histoire des dix personnes ayant la lèpre qui se présentent à Jésus est encore plus simple. Marginalisés par la société à cause des risques de contagion, les lépreux sont obligés de faire du bruit pour signaler leur présence afin qu’on les évite. C’est pourquoi ils s’arrêtent à bonne distance de Jésus et de ses disciples. Cela les oblige à crier, donnant ainsi à leur appel un accent véridique de sincérité : Jésus, maître, prends pitié de nous. Les dix vont voir les prêtres et en chemin, ils constatent leur guérison. Mais seul le samaritain rend gloire à Dieu en revenant vers Jésus, source du bien reçu. Les neuf autres sont guéris et par leur démarche auprès des prêtres sont réintégrés dans la société et dans la communauté des croyants. Ils ont respecté la loi et son formalisme. Et pourtant seul celui qui revient vers Jésus en chantant les merveilles que Dieu a accompli dans sa vie pourra entendre pourra entendre la parole de Jésus : Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé. Accomplir la loi n’est pas suffisant, il faut découvrir au cœur de la démarche quelque chose de plus.

Un syrien et un samaritain, deux étrangers immerger au milieu du peuple de Dieu. Ce sont eux qui ont l’esprit et le cœur suffisamment ouverts pour mettre les choses dans leur juste perspective et remercier Dieu pour les bienfaits reçus. Ce que nous recevons n’est pas quelque chose qui nous est du. Nous avons tout reçu et nous recevons encore et toujours beaucoup de la part de notre Dieu. La première chose que nous ayons reçue, c’est la vie et la vie en abondance. Et après ce cadeau premier et fondamental, il y en a eu tant d’autres. Savons-nous remercier pour cela ? Je ne suis pas naïf, il y a tant d’aléas dans la vie d’une personne humaine. La santé défaillante, les difficultés dans le travail, les relations tendues dans les familles ou avec des personnes que l’on croyait amies, l’impossibilité de réaliser des rêves qui semblaient à porter de la main, les échecs amoureux, et tant d’autres épreuves. Cependant le dicton ne dit-il pas « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». S’il y a la vie, reçue de Dieu, pourquoi n’y a-t-il pas plus souvent sur mes lèvres un Merci, mon Dieu. Saviez vous que la dernière parole de ste Claire d’Assise a été : Merci mon Dieu de m’avoir créée.

Apprendre à dire Merci, savoir dire Merci. C’est l’un des premiers apprentissages que les parents font à leur enfant. Face à Dieu, nous sommes toujours ses enfants, apprenons à renouveler notre Merci. Reconnaitre et remerciez pour ce qui est reçu nous fait grandir en humanité. Le Merci d’un enfant est souvent récompensé par le sourire de ses parents. Remercions Dieu, il nous envoie son sourire.

f. Emmanuel