27e Dimanche du Temps Ordinaire C

21 octobre 2019

Frères et soeurs

Dernièrement, je rencontrais un théologien qui, chose curieuse, s’intéressait particulièrement au phénomène des sciences occultes dans la province de  Québec.  Il me disait  que depuis la baisse de la pratique religieuse chez nous, les cercles  de sciences occultes s’y étaient multipliés.  Selon lui, cet engouement pour les sciences occultes s’expliquait par   la soit de pouvoir et de contrôle qui habite le cœur humain. Pouvoir sur le futur par la nécromancie, le recours aux voyantes et les tables wigi, pourvoir sur la maladie par le Ricky, pouvoir sur les autres par le Vaudou et d’autres pratiques semblables.

Cette soif de pouvoir n’habite cependant pas seulement le cœur des grands de ce monde ou celui de ceux et celles qui s’adonnent aux sciences occultes. Il habite aussi notre propre cœur à chacun et chacune de nous . Qui d’entre nous n’ a jamais  rêver d’avoir un pouvoir magique? Quand j’étais jeune, ce rêve de de posséder un pourvoir magique s’incarnait dans ma sorcière bien aimé qui n’avait qu’a faire bouger le bout de son nez pour obtenir ce qu’elle voulait. Plus près de nous, il a pris chair dans Harry Potter qui fit la fortune de son auteure parce que justement il  répondait lui aussi à ce désir profond du cœur humain.

Ce désir de pouvoir et de contrôle est incrusté si profondément en nous qu’il se manifeste même dans notre vie de prière. Que de fois n’avons-nous pas priė dans l’espoir que Dieu mette à notre service sa puissance pour changer telle personne ou telle situation selon nos vues? J’avais une de mes tantes qui punissait saint Joseph en lui mettant la face contre le mur, lorsqu’elle n’était pas exaucée. Et une autre, plus déterminée qui le mettait la tête en bas.  Ces deux tantes  pourtant bien pratiquantes auraient bien volontiers changé la troisième demande du notre Père «que ta volonté soit faite» en «que ma volonté soit faite».

Même le prophète Habacuc, que nous avons entendu dans la première lecture, ne semble pas avoir échappé à cette tentation de vouloir mettre la puissance de Dieu à son service: “Combien de temps Seigneur vais-je appeler sans que tu entendes? Crier vers Toi violence sans que tu sauves?” 

La bonne nouvelle  de ce dimanche est que Dieu est prêt à se mettre à 

notre service. «Si vous aviez de la foi , gros comme comme une graine de moutarde, nous dit Jésus, vous auriez dit à l’arbre que voici: «Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous aurait obéi.»  Oui, Dieu est prêt à se mettre à notre service dans la mesure où nous sommes prêts à nous mettre avec Lui au service des autres.

Contrairement aux sciences occultes qui promettent le bonheur en dominant les autres, Dieu nous promet le bonheur en nous mettant au service des autres. Pourquoi cela? Parce que servir les autres est ce qui nous rend le plus semblable à Dieu. « Je ne suis pas venu pour être servi nous dit Jésus mais pour servir ». 

On s’imagine souvent Dieu comme un petit tyran assis sur son trône qui crée l’homme et la femme pour le servir,  pour faire ses quatre volontés.

La réalité est tout autre. Dieu ne nous a pas créé pour le servir. Il nous a créé pour nous servir. Comme une mère qui trouve sa joie à faire le bonheur de ses enfants. Dieu trouve sa joie à se faire le serviteur notre bonheur. Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est Dieu lui-même qui nous le dit par le prophète Jérémie au chapitre 32 verset 41: «  je trouverai ma joie à leur faire du bien». C’est pourquoi Il nous invite à servir avec lui, pour que notre joie comme la sienne soit parfaite.

Frères et soeurs 

Quand Jésus nous invite à servir et même à nous considérer comme des serviteurs inutiles, comme Il le fait dans l’évangile de ce matin, ce n’est pas pour nous humilier ou pour nous faire sentir moins que rien. Au contraire c’est pour nous grandir. Nous grandir à la mesure même de Dieu qui trouve sa joie à nous servir.

f. Bruno-Marie