25e Dimanche du temps Ordinaire C

25 septembre 2019

Homélie pour le XXV Dimanche – 22-09-2019

 

Devenir digne de confiance du bien véritable,

c’est le chemin de foi et de croissance personnelle 

où Jésus nous invite à avancer aujourd’hui…

Mais auparavant, il dénonce longuement l’argent malhonnête

qu’il considère comme un faux bien en opposition au bien véritable

Dans la bouche de Jésus, l’expression argent malhonnête peut nous surprendre :

n’y a-t-il pas de l’argent gagné honnêtement, 

et parfois même péniblement, à la sueur de son front ?

Pourtant l’expression ne paraît pas accidentelle sur les lèvres de Jésus :

il l’emploie à deux reprises dans la page d’évangile que nous venons d’entendre.

 

Même s’il y a de l’argent qui n’est pas gagné de façon malhonnête,

Jésus nous avise qu’il risque toujours de le devenir

lorsqu’il cesse d’être à notre service et au service des autres… 

Il le devient le jour où c’est nous qui le servons,

en lui consacrant toutes nos énergies pour l’obtenir et le faire prospérer,

en lui donnant la première place dans notre vie, 

sans égard  aux relations avec nos frères et sœurs,

et ultimement à notre relation avec Dieu …

Le jour où l’argent devient notre maître en quelque sorte

et le pôle directeur de notre vie, il s’expose finalement à la malhonnêteté,

dans l’abus et l’exploitation des autres, ou l’indifférence envers les plus pauvres…

Il ne s’agit pas de diaboliser l’argent,

mais de devenir conscient des risques auxquels il nous expose…

 

Servir Dieu ou servir l’argent…

Avoir l’argent pour maître ou pour serviteur…,

c’est le choix que vient éclairer la Parole de Dieu aujourd’hui…

– le prophète Amos dénonce vertement ceux qui exploitent les autres

et se servent d’eux pour obtenir de l’argent…

– Jésus de son côté, nous invite à nous servir de l’argent avec habileté

et à nous faire des amis avec lui :

« Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,

afin que le jour où il ne sera plus là, 

ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles… »

Se faire des amis avec l’argent, comme le dit Jésus, 

est une expression surprenante, qui demande à  être bien comprise…

Chose certaine, il ne s’agit pas de s’acheter des amis

et encore moins d’acheter les demeures éternelles, ou d’acheter Dieu…

Vous comme moi, nous savons que, s’il y a des biens qui s’achètent,

il y a  des biens qui ne s’achètent pas, 

même si certains tentent parfois de les acheter…

Il y a des biens qui ne s’achètent pas comme l’amour, l’amitié, la compassion :

en réalité tous les biens qui ont leur source dans le meilleur de notre cœur 

et dans le cœur de Dieu…

 

Alors se faire des amis avec l’argent malhonnête,

c’est découvrir que, lorsqu’il est partagé dans un esprit solidaire et fraternel,

l’argent accède à une valeur qu’il n’a pas en lui-même :

il crée une communion entre les personnes

qui devient aussi une communion avec Dieu…

L’argent périssable est ainsi au service d’une communion qui, loin de périr,

s’élève à la hauteur de l’éternité avec Dieu…

Mauvais maître, l’argent peut devenir un bon serviteur

et nous ouvrir les portes des demeures éternelles… 

Jésus lui-même sera le premier des amis à nous y accueillir et il pourra nous dire :

J’avais faim et tu n’as donné à manger…

J’étais sans-abri et tu m’as offert un toit…

J’étais un migrant et tu m’as ouvert les portes de ton pays

La communion dans le partage de l’argent et des biens matériels

qui sont des moindres choses, selon l’expression de Jésus,

conduit à une communion plus grande dans le « bien véritable »….

 

C’est vers ce bien que Jésus veut orienter notre vie…

C’est ce bien que l’eucharistie d’aujourd’hui veut nous faire désirer :

en nous faisant demander la vie éternelle,

comme nous l’avons exprimé dans la prière d’ouverture

et en nous proposant dans quelques instants la prière suivante :

que ton peuple obtienne dans le mystère eucharistique

les biens auxquels il croit de tout son cœur

 

De ces prières qui résonnent comme un écho aux paroles de Jésus 

dans l’évangile d’aujourd’hui nous pouvons retenir des questions 

pour chacun et chacune de nous :

– quels sont les biens auxquels je crois de tout mon cœur ?

– quels sont les biens que je désire et que j’attends de Dieu ? 

– quels choix et quels changements dois-je réaliser dans ma vie

  pour devenir digne de confiance du bien véritable dont parle Jésus ?

dom Yvon-Joseph