Croix Glorieuse

20 septembre 2019

Frères et sœurs,

Nous le savons la fête de la croix glorieuse à son origine dans la consécration à Jérusalem d’une église en l’honneur de la croix de Jésus retrouvée par l’impératrice Hélène. Ce qui devrait être l’anniversaire d’une dédicace est devenu au fil des siècles la fête d’un instrument de torture et de mort. Attacher un être humain sur une croix, c’est clairement lui signifié qu’il va mourir rapidement. Et c’est bien ce qui s’est passé pour Jésus. Fuir devant la mort de leur maître a été l’attitude de la plupart de ses disciples. La violence de cette condamnation les a frappés de plein fouet et seuls les plus proches ont su rester pour accompagner Jésus jusqu’à l’ultime moment. Trois jours après les disciples qui marchaient sur la route vers Emmaüs quittant Jérusalem, lieu de la perte de leur espérance, en étaient encore tout bouleversé : « Et nous, nous espérions… » La mort de Jésus a mis un terme à leur espérance, ils rentrent au village pour reprendre une vie bien ordinaire.

L’obéissance de Jésus aux événements le conduit à la mort et la mort de la croix. Sa résurrection vient ouvrir une brèche immense et lumineuse dans le malheur, la souffrance et la mort. Cette irruption de vie au royaume des ténèbres et de la mort a redonné souffle d’espérance à tous les souffrants du monde entier. Et le premier signe de reconnaissance de cette résurrection est la fraction du pain. C’est à ce signe que Jésus ressuscité se fait reconnaitre de ses disciples. C’est ce même signe qui rassemble les premiers disciples comme le dit à plusieurs reprises le livre des Actes des Apôtres : « Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. »

Le supplice de la croix est trop horrible pour qu’il devienne signe de reconnaissance. Ce n’est qu’après plusieurs siècles de christianisme que l’on va pouvoir mettre ensemble les mots de croix et de gloire. Car la croix n’est pas glorieuse. Elle n’est que le signe de souffrance et de mort. Seule la résurrection de Jésus, après ce passage mortel, vient illuminer rétroactivement cet instrument de mort.

La souffrance et la mort sont bel et bien un échec complet de la vie. Seule et elle seule, la résurrection de Jésus vient briser la mort et redonner la vie.

Que sans faillir notre foi s’appuie sur cette certitude : Le Christ est vivant, il a vaincu la mort.

f. Emmanuel