5e Dimanche de Pâques C

23 mai 2019

Frères et Sœurs,

L’évangile d’aujourd’hui nous fait voir deux aspects bien différents de la vie chrétienne. Dans un premier temps, il nous ramène à la passion de Jésus, Judas quitte le repas pour aller trahir, il fait nuit. Et Jésus proclame à ses disciples sa glorification. Il voit au-delà de sa mort, la gloire de Dieu, la gloire que Dieu lui donnera.

Et puis dans un deuxième temps, Jésus nous donne le commandement de l’amour : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, à ceci on vous reconnaitra comme mes disciples, c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres.

Jésus nous fait passer par sa passion à la gloire de Dieu dans l’amour de tous y compris de nos ennemis. De la majesté divine à l’humilité vécue. Nous sommes tous prêts à entrer, du moins à vouloir entrer dans la gloire divine. Savoir que l’on peut être avec Dieu allume en nos cœurs une étincelle qui ne cesse de briller, un espoir, une espérance, une certitude que rien ne peut ébranler malgré les remous de la vie quotidienne.

Cependant la réalité se tient devant nous, nous sommes dedans. Il faut nous aimer les uns les autres y compris nos ennemis. On peut toujours se dire que l’on n’a pas d’ennemi, ce qui est sans doute vrai. Mais entre ceux et celles que l’on aime bien et l’ennemi que nous n’avons pas, il y a cette zone grise où se situe tous ceux que l’on évite, ceux dont on ne se sent pas proches, ceux que l’on ne veut pas voir, même en peinture… La diversité des tempéraments, des cultures, des religions, de l’éducation, toutes ces différences expliquent souvent notre éloignement. Mais Jésus nous invite à aimer et pour aimer, il faut se reconnaitre, se connaitre, s’approcher, s’apprivoiser écrira St Exupery. Ce sont les premiers pas pour apprendre à aimer. La crainte, la peur, le doute nous empêche d’aller à la rencontre de l’autre, nous empêche d’aimer. L’amour de l’autre est pourtant le premier signe de reconnaissance que nous sommes de vrais disciples de Jésus.

Nous avons là un vrai chemin de conversion à prendre. C’est un chemin d’humilité car c’est l’autre qu’il faut mettre au centre de notre vie. Cela nous oblige à prendre d’autres avenues. Il faut marcher vers l’inconnu, vers la différence, vers cette ouverture qui nous fera accueillir l’imprévu qui bousculera nos certitudes. Apprendre à marcher au pas de l’inconnu nous ouvrira des horizons nouveaux qui s’ouvriront sur ce que nous n’avions pas pensé, pas imaginé. Pour nous aussi cela deviendra chemin d’Emmaüs.

Oui, l’amour de l’autre peut nous emmener très loin, ce n’est pas nécessairement géographique, mais c’est un voyage avec sa part de surprise, d’inconnu, de découvertes, de belles découvertes. Le voyage de l’amour de l’autre, c’est le début de notre voyage de l’amour de Dieu. Car lui aussi reste un inconnu à découvrir qui nous réserve des surprises et de belles découvertes. Ce n’est pas un autre voyage, c’est le même voyage car c’est dans mon frère que je découvre le visage de Dieu.

f. Emmanuel