3e Dimanche de l’Avent C

22 décembre 2018

Frères Et Soeurs.

Ce qui est frappant dans l’évangile de ce dimanche, c’est que les prêtres, les lévites, les scribes et même les pharisiens sont absents de la scène. Aucun d’eux ne se rend sur les rives du Jourdain pour écouter Jean-Baptiste et se faire baptiser par lui. Pas surprenant puisque connaissant la loi, ils pensent posséder la vérité et qu’offrant des sacrifices au temple, ils sont certains d’ être sauvés.

Au contraire, ceux et celles qui se pressent autour Jean et pour l’écouter et  se faire baptiser par lui,, sont des gens ordinaires, des gens qui cherchent un sens à leur vie et reconnaissent avoir besoin d’un sauveur.

Parmi eux, il y a monsieur et madame  tout le monde qui demandent à Jean: «Que devons-nous faire pour être sauvés?« Et Jean de leur répondre: « Si vous avez des richesses, partagez avec ceux et celles qui sont dans le besoin.»  Il y a aussi des fonctionnaires qui eux aussi demandent: «Que devons-nous faire?» À ceux-ci, Jean répond: « Soyez honnêtes. Ne profitez pas de votre position pour frauder les gens, pour vous enrichir à leurs dépens.» Il y a enfin  des personnes en autorité qui demandent à leur tour: «Que devons-nous faire?» Et Jean leur répond: « Contentez-vous de votre salaire et gardez-vous de tout abus de pouvoir.»

Comme vous l’avez remarqué , Jean ne demande à personne de changer de vie ou  de métier ou encore de le suivre au désert avec lui. Ce qui rejoint l’appel à la sainteté lancé par Vatican II au milieu  les années 60 et  plus récemment  par notre pape François dans son exhortation apostolique:la joie et l’allégresse.  Ces textes nous rappellent tous et toutes sans exception sont appelés à la sainteté. Pas seulement les prêtres, les religieux, les religieuses et les personnes consacrées, nous dit le pape,  mais tous et toutes sans exception.«Que devons-nous faire?» Pourrions-nous demander à notre tour avec ceux et celles qui se rendaient auprès de Jean. Et la réponse serait sensiblement la même : «Faites ce que vous avez à faire par amour pour Dieu et par amour pour le prochain.» Une personne qui balaie son devant de porte par amour pour Dieu et pour le prochain est plus proche de la sainteté qu’un cardinal  qui se pavane à Rome dans l’espoir de faire carrière.

 

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La deuxième partie de notre évangile rejoint plus le thème de l’Avent qui est l’attente du Seigneur.

Le peuple juif, nous dit saint Luc, était dans une grande attente et tous se demandaient si Jean n’était pas le Messie. Jean leur répondit ouvertement: « Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient, celui qui est plus fort que moi…Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire. Il amassera le grain dans son grenier: quant à la paille, il la brûlera au feu qui nous s’éteint pas.»

Voyez-vous Frères et soeurs, même Jean-Baptiste, le plus grand parmi les enfants des hommes, celui qui avait été sanctifié dès le sein de sa mère, se faisait une fausse idée du Messie. Comme tous les juifs de son temps, il attendait un Messie  puissant et  glorieux qui viendrait rétablir Israël dans sa splendeur  première en récompensant les bons en envoyant les méchant brûler au feu qui ne s’éteint pas.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir un Messie doux et humble de coeur,  mangeant et buvant avec les publicains et les pécheurs et qui guérit même les païens. Il fut tellement surpris qu’il envoya de ses disciples demander à Jésus:« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?»

Frères et soeurs,

Ce serait nous faire illusion que de garder les yeux fixés au ciel dans l’attente d’un Messie qui reviendrait rétablir notre Église dans sa gloire d’autrefois en récompensant les bons et en punissant les mauvais.

Notre  sainteté chrétienne consiste plutôt à reconnaître le Messie qui vient à nous chaque jour dans la personne de notre prochain.

f. Bruno-Marie