30e Dimanche du Temps Ordinaire B

29 octobre 2018

Frères et Sœurs,

« Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : Fils de David, prends pitié de moi. » C’est trop souvent que nous ne voulons pas entendre le cri des malheureux, le cri des malades, le cri des opprimés. Pensons à ces milliers des femmes d’enfants et d’hommes qui marchent depuis le Honduras pour fuir la violence et la famine, dans l’espoir de trouver un pays où il fera bon vivre. Seront-ils entendus ? Seront-ils accueillis ? Et s’ils venaient jusque chez nous nous serions nous prêts à les accepter ? « Prends pitié de moi » tel et le cri de l’aveugle, tel est le cri de ces millions d’êtres humains Quel place pour eux, pour les jeunes dans la société, dans l’Église ? La course sans fin au bienêtre matériel est-elle la solution ? Comment vont-ils être acteurs de actrices du monde de demain, dans une société qui détruit chaque jour un peu plus la création qui nous a été confiée ? On pourrait prolonger cette liste de question en abordant toutes les facettes de la vie en société et de la vie de l’Église. Le synode pour les jeunes qui se conclut à Rome aujourd’hui n’aura pas manquer d’aborder ces questions. Elles doivent être pour nous objets de réflexions et de prières.

« Confiance lève-toi, il t’appelle. » Il faut faire confiance à Jésus, mais cette confiance implique que nous nous bougions, que nous changions nos façons de penser, d’agir. L’aveugle sur le chemin est assis, tendant la main pour recevoir, une attitude passive, on ne le voit plus, il est caché par la foule, seul son cri marque sa présence. « Confiance, lève-toi. » C’est l’aveugle qui se lève,il ne voit pas, il ne sait pas où il va. Mais il a confiance, Jésus appelle. Nous attendons trop souvent de voir le résultat pour bouger et comme nous ne voyons pas où cela va nous emmener, alors nous ne bougeons pas. Nos convictions doivent être le levier qui nous fait agir. Les premiers pas seront comme ceux de l’aveugle, chancelants, mal assurés, sans doute même avec des erreurs, des faux pas qui nous feront hésiter, marquer une pause, mais sur ce chemin il faudra continuer. Confiance, il t’appelle.

Jésus appelle toujours. Peu importe notre âge, notre situation. Jésus appelle. Le cri des malades isolés dans les hôpitaux, c’est son appel. Le cri des opprimés de toutes sortes, c’est son appel. Le cri des affamés, c’est lui qui a faim. Le

gaspillage alimentaire de notre société prive des millions d’être humain du minimum vital. C’est là que Jésus nous appelle. Sur le chemin, Bartimée a répondu à cet appel. Et Jésus se met à la disposition de Bartimée : Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Dieu se met à la disposition d’une personne handicapée. Dieu obéit à l’être humain. La confiance exprimée par Bartimée est simple, quelques pas chancelants au milieu d’une foule bruyante. Cela suffit à Jésus pour exaucer pleinement sa demande de guérison.

À chacun et à chacune, Jésus nous propose : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Quelle est ma réponse, quelle est la qualité de ma réponse ? Jésus attend notre demande faite avec confiance. Prière pour nous-mêmes, pour nos proches, pour les plus lointains. La réponse de Jésus n’est pas à la grandeur de ma foi. Elle est à la grandeur de son amour. Et si je ne vois rien, c’est que je suis encore aveugle. Mais, confiance, lève-toi, il t’appelle.

f. Emmanuel