22e Dimanche du Temps Ordinaire B

4 septembre 2018

Frères et Sœurs,

Les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à porter un regard lucide sur nos comportements, nos attitudes, nos discours. Jésus nous enseigne de façon radicale sur le pur et l’impur qui préoccupait tant de ses contemporains.

Tout part d’un repas que les disciples prennent sans s’être laver les mains selon les gestes prévus dans la loi de Moïse. Les pharisiens s’en offusquent et l’évangéliste nous rappelle combien ces pratiques rituelles étaient nombreuses dans la vie quotidienne du peuple juif. La réponse de Jésus ne tarde pas. À la tradition des anciens, Jésus réplique par une citation du prophète Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi… ». Et Jésus enseigne ce qu’est réellement le pur et l’impur. L’impureté vient de l’intérieur de l’homme, du dedans. Les pensées mauvaises et perverses qui nous font poser des actes opposés au bien que Dieu veut pour nous. Jésus cite quelques exemples : « Inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. » Cette courte liste résume tous les péchés que l’on commet contre soi-même et contre les autres. Notre impureté devant Dieu et devant les hommes se situe là. Il nous faut revenir aux enseignements de la loi de Moïse. Les commandements de Dieu sont faits pour être mis en pratique, c’est là que se trouve la vie.  St Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture : « Mettez la parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter, ce serait vous faire illusion. » Chaque fois que je refuse de vivre l’évangile, je vis dans l’illusion. La réalité virtuelle n’a pas attendu l’informatique, elle est dans mon cœur où l’illusion me fait croire bon chrétien alors que je ne bouge pas le petit doigt pour les autres.

St Paul poursuivait en disant : « Devant Dieu notre père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde ». « Les orphelins et les veuves » se sont les pauvres du temps de St Paul. Aujourd’hui, malheureusement, les pauvres recouvrent bien d’autres catégories : Les malades dans les hôpitaux, les résidents des CHSLD, les dépendants à toutes sortes de drogues, d’alcool, de jeux, la prostitution, les immigrés. Sujet délicat que celui des immigrés.  Faut-il les accueillir? Combien? Quels critères : le métier, la famille, la religion souvent si différente de la nôtre. La peur de l’inconnu a souvent vite fait de recouvrir les bons sentiments de l’accueil de l’étranger qui pourrait bien nous rendre impur.

Voyez, frères et sœurs, les lectures bibliques sont venues bousculer nos sécurités intérieures. Elles remettent en causes non pas notre foi, mais ce que nous faisons ou plutôt ce que nous ne faisons pas pour être fidèle à la Parole semée dans notre cœur. Nos illusions peuvent et doivent tomber. Il en restera toujours de trop. Car ce sont bien nos attitudes, nos comportements, nos actions qui porteront le plus beau témoignage du Dieu qui nous aime tant et dont l’humanité a tant besoin.

f. Emmanuel