18e Dimanche du Temps Ordinaire B

13 août 2018

Frères et soeurs,

Jésus venait de nourrir une grande foule avec cinq pains d’orge et deux poissons. Comprenant que la foule allait se saisir de lui pour le faire roi, il ordonne à ses disciples à le précéder vers l’autre rive pendant que lui-même renverrait la foule. À la nuit tombée, voyant ses disciples se débattre au milieu du lac avec la tempête, Il va les rejoindre en marchant sur les  et monte dans la barque avec eux. Et c’est ainsi qu’il atteint l’autre rive.

Le lendemains, la foule qui la veille avait mangé du pain à satiété, le rejoint sur l’autre rive et lui demande: «Rabbi, quand es-tu arrivé ici?» Et Jésus de leur répondre: «Amen, Amen, je vous le dis: vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.»

Dans cette réponse de Jésus à la foule se retrouvent  deux manières de voir Royaume de Dieu

La première manière est celle ce la foule. Pour la foule, le Royaume de Dieu est un Royaume où Dieu prend tout en main et pourvoit à tous les  besoins de son peuple . Il soulage les affligés, en guérit les malades et va même  jusqu’à nourrir tous les affamés en multipliant les pains.

Cette tentation d’établir un Royaume terrestre où tous mangeraient à leur faim, avait déjà brillé aux yeux de Jésus. Au début de son ministère lorsqu’Il eut faim au désert, le tentateur s’était approché de lui pour lui suggérer de changer les pierres en pain. Il pourrait ainsi se nourrir et nourrir avec toi tous les affamés de la terre». Puis il l’avait transporté sur une haute montagne pour lui montrer tous les Royaumes de la terre et lui avait soufflé à l’oreille: « tout cela je te le donnerai si tombant à mes pieds tu m’adores.» N’était-ce pas là en effet la mission du Messie attendu que de conquérir le monde entier et de  lui imposer, de gré ou de force, sa loi d’amour.

 Cette tentation d’établir un Royaume terrestre à laquelle Jésus avait su résister, son Église y a souvent succombé au cours des âges. Combien de fois n’avons-nous pas vu notre Église pactiser avec les pouvoirs en place pour obtenir ou pour conserver des privilèges.  Pour s’en convaincre, pas besoin de remonter au temps des croisades ou aux inquisitions. Ici même chez nous, ne reprochons-nous pas à l’Église d’autrefois ’avoir été trop près du pouvoir et d’avoir voulu contrôler tous les aspects de la vie sociale!!

Cette tentation d’un Royaume terrestre est aussi la nôtre lorsque nous voulons que  Dieu règle tous nos problèmes et ceux du monde entier en faisant des miracles ou que nous nous affligeons de voir notre Église perdre les privilèges  qu’elle possédait autrefois.

Jésus lui aussi, tout comme nous, rêve d’un monde meilleur. D’un monde où règneraient enfin la justice et la paix. Ce monde meilleur qui est de fait son Royaume, Il ne le construit pas à la manière des hommes par la force ou par la ruse. C’est de l’intérieur, à partir du coeur de ses disciples qu’Il le construit en les invitant au partage, au pardon et au don de soi.

 Et pour nous aider à répondre à son invitation et à marcher sur ses pas, Jésus nous donne son Eucharistie, le vrai pain de Dieu descendu du ciel. Ce pain contient non seulement le corps et le sang de Jésus , mais aussi son âme et sa divinité. Autrement dit, tout ce qu’il faut pour donner la vie au monde. Une vie nouvelle capable de faire de nous des êtres nouveaux travaillant à l’avènement d’un monde nouveau.

Frères et soeurs

Beaucoup de dictateurs au cours de l’histoire beaucoup ont rêvé d’un monde meilleur, d’un monde  nouveau. Mais les moyens employés pour y parvenir n’étaient pas les bons. On ne construit rien de durable en utilisant la force et violence.

 C’est seulement de l’intérieur, en changeant le coeur de l’homme que l’on peut arriver à la création d’un monde meilleur. C’est le moyen qu’a choisi  en nous donnant sa Parole et son Pain.

f. Bruno-Marie