La Visitation

3 juin 2018

Frères et soeurs

Le mystère de la Visitation que nous contemplons ce matin, m’a amené à méditer sur les étapes d’une vocation.

La première étape d’une vocation, comme vous le savez, est celle de l’appel ou de l’attrait intérieur pour un genre de vie.

Cet appel intérieur, Marie l’a ressentie le jour de l’Annonciation lorsque l’Ange Gabriel lui annonça qu’Elle allait concevoir et mettre au monde un fils auquel elle donnerait le nom de Jésus.

En rendant visite à sa cousine Élisabeth, Marie franchit la deuxième étape d’une vocation qui consiste à être confirmé dans sa vocation par une autorité compétente ou une personne significative. En entendant la salutation de sa cousine: «Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni», Marie est confirmée dans sa vocation. Elle est désormais certaine que les paroles de l’ange ne sont pas le fruit de son imagination, mais qu’elles sont réellement de Dieu.

La troisième étape d’une vocation est celle de la purification. Toute vocation si sainte soit-elle, a besoin d’ être purifiée au contact de la Parole de Dieu.

Marie étant une jeune juive de son temps vivant sous l’occupation romaine, on peut penser que les paroles de son Magnificat: le Seigneur disperse les superbes, renverse les puissants de leurs trônes et renvoie les riches les mains vides s’appliquaient concrètement à l’occupant romain. C’est dans la familiarité de Jésus, la Parole vivante de Dieu, que Marie comprendra graduellement que le Royaume de son Fils n’est pas de ce monde.

Enfin la dernière étape d’une vocation est celle de l’espérance contre toute espérance. Le jour de l’Annonciation, l’ange Gabriel avait annoncé à Marie que son Fils hériterait du trône de David son père et que son règne n’aurait pas de fin. Et voici qu’Elle peut lire au dessus de la croix de ce même  Fils: Jésus de Nazareth, le roi des Juifs. Espérant contre toute espérance et  malgré l’échec apparent,  Marie continue à croire en la réalisation des paroles de l’ange. C’est d’ailleurs pourquoi elle ne se rend pas au tombeau avec les autres femmes le premier jour de la semaine, parce qu’elle croit fermement que son Fils ressuscitera comme Il l’avait dit.

Frères et soeurs

Il peut arriver qu’après 30,40 ou même 60 ans de vie de couple ou de vie religieuse, nous constations que la réalité que nous vivons, est bien loin de l’idéal entrevu aux jours de notre appel. Ne nous décourageons pas pour autant. Continuons plutôt à chanter notre Magnificat car toute vocation, si humble soit-elle et malgré toutes ses difficultés et ses échecs, a du prix aux yeux de Dieu et contribue à sa manière au bien de l’Église. Ce n’est qu’au ciel que nous en verrons toute la beauté et toute la fécondité. 

f. Bruno-Marie