Nuit de Noël

7 janvier 2018

Un enfant vient au monde cette nuit. C’est Dieu qui nous donne cet enfant. C’est Dieu qui nous donne tous les enfants du monde et son Esprit est toujours là quand un enfant se forme dans le secret des entrailles d’une femme. Tout enfant est touché par l’Esprit de Dieu dès le sein de sa mère, il est consacré à Dieu, il est fait pour Dieu parce que voué à devenir un fils ou une fille de Dieu. C’est toi qui m’a tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. Mes os n’étaient pas cachés pour toi quand j’étais façonné dans le secret. J’étais encore inachevé, toi, tu me voyais…

Si Dieu donne tous les enfants du monde, il nous donne d’une manière unique, l’enfant Jésus, son enfant qui naît en cette nuit de Noël. Jésus naît pour nous. Comme toute naissance d’un enfant, c’est une joie et un bonheur presque trop grands pour nous. David avait voulu construire une maison pour Dieu, une maison solide pour remplacer l’arche d’Alliance. Il aurait voulu bâtir un lieu permanent dans l’espace et dans le temps où Dieu aurait été présent pour toujours. Mais Dieu lui a fait comprendre que ce ne serait pas ainsi qu’il serait présent parmi nous. Dieu a choisi une autre manière de venir et d’habiter parmi nous. Il s’est fait enfant, puis frère et ami… pour nous et avec nous. Il a choisi de venir à nous sous une forme humaine puis de garder une relation ouverte avec nous car il est désormais avec nous tous les jours qu’à la fin du monde, comme il l’a promis.

Les gestes maternels de Marie sont tout simples : elle met Jésus au monde, elle l’enveloppe dans une couverture, elle le couche dans une mangeoire. Il y a plein de tendresse, de douceur et une joie secrète malgré tout le dépouillement et la pauvreté du lieu où ils se trouvent. Rien n’est dit des gestes de Joseph ni de son silence, ni de sa joie. Il a bien dû faire silence en se penchant parfois sur le ventre de Marie pour écouter l’enfant grandir et se former, le sentir bouger… et laisser parler en lui ce que Dieu ne lui avait pas encore dit. Cette nuit de Noël, il contemple le fruit de leur attente silencieuse. Il n’est pas le père de Jésus et pourtant impossible de contenir sa joie devant cet enfant nouveau-né, l’enfant de sa Marie bien-aimée, l’enfant que des bergers enveloppés de lumière et des mages guidés par une étoile viennent adorer, l’enfant que tout le ciel acclame. Joie au ciel et paix sur terre aux hommes qu’il aime.

Comme Joseph et Marie, nous savons que cet enfant est de Dieu, que cet enfant est Dieu et qu’il donne à tous ceux qui l’accueillent, de devenir enfants de Dieu. Alors nous sommes venus cette nuit, nous aussi, parce que, dans notre vie, il y a toujours un enfant à mettre au monde : l’enfant que nous sommes. Cette Nuit, l’Enfant-Dieu vient parler en nous à l’enfant que nous n’avons jamais cessé d’être. Il y a encore en nous un enfant qui voudrait mettre sa main sur un nid de serpent sans être mordu, un enfant qui voudrait courir dans les grands espaces de nos campagnes mais aussi de nos villes et voir que des loups et des agneaux y vivent ensemble côte à côte. Il y a encore en nous un enfant qui espère rencontrer un frère et une sœur en tout être humain qu’il découvre sur sa route. Un enfant qui a vieilli mais sans jamais renoncer à la joie de vivre tous ensemble en paix. Ces rêves d’enfants sont les rêves d’espérance qu’apporte la naissance de Jésus, ce Jésus qui nous engendre sans cesse à la vie et à l’amour. Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, et ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. C’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit. (1 Co 2,9-10)

Demain, nous aurons à nous demander comment incarner ce rêve dans notre vie et dans l’histoire de l’humanité, comment inventer des formes nouvelles de relation et charité pour que personne ne vive le rejet, L’intimidation, l’exclusion, l’exil. Demain. Cette Nuit, contemplons, goûtons et savourons la joie qui nous vient de cet amour absolument gratuit qui nous est donné dans l’Enfant-Dieu. Arrêtons-nous comme les bergers pour adorer Jésus, ravis de le savoir venu en ce monde pour nous… pour nous ouvrir le chemin du bonheur, de la joie et de l’amour… L’Enfant de cette Nuit de Noël a ouvert une brèche de lumière et de vie nouvelle sur cette terre et cette brèche ne s’est jamais refermée.

Nous pouvons même l’agrandir, mais c’est pour demain. Cette Nuit, soyons joyeux, simplement joyeux de sa naissance ! Un enfant nous est né, un fils nous est donné qui nous révèlera comment devenir pleinement fils et filles de Dieu. La joie qui vient de Dieu cette nuit est faite pour rejoindre tout être humain et c’est nous qui pouvons la transmettre, la rendre contagieuse et donner à tous d’y communier. Le vrai bonheur, c’est le temps que nous accorderons à la joie de cette Nuit… pour qu’elle dure… longtemps après cette sainte Nuit de Noël !

dom André