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16e Dimanche du temps ordinaire A

Publié le 22 July 2014Mots-clés:

Frères et sœurs, laisser pousser ensemble l’ivraie et le bon grain jusqu’à la moisson, est-ce évident pour vous? Accepter la coexistence, en ce monde, des fils du Royaume et des fils du Mauvais, tous ceux qui font tomber les autres et qui commettent le mal ? Accepter cette situation dans la vie quotidienne, tout au long de notre vie, tout au long de la vie de l’Église, jusqu’à la fin du monde ?

Qui sont les fils du Royaume, qui sont les fils du Mauvais? Mis à part Jésus et ceux et celles dont on a reconnu la sainteté de la vie, qui peut prétendre être tout entier fils du Royaume, sans jamais donner prise au mal dans sa vie? Ou à l’inverse, existe-t-il des personnes qui soient tout entiers fils du Mauvais, sans jamais avoir laissé un rayon de lumière et de bonté traverser et illuminer leur existence?

Si Jésus nous demande de patienter jusqu’à la fin du monde, il nous invite aussi à ne pas porter de jugement définitif sur les personnes. Ce jugement lui appartient, et c’est seulement au terme de l’histoire personnelle et de l’histoire universelle qu’il pourra, au nom de Dieu, opérer un tri. Dieu seul, parce qu’il est Dieu, peut se prononcer de façon définitive au sujet de ses fils et de ses filles. Et il le fera à la mesure de ce qu’il est : amour et miséricorde. C’est dans le feu de sa miséricorde que nous serons jetés.

Laisser pousser ensemble l’ivraie et le bon grain, ceux qui acceptent l’évangile et ceux qui s’y opposent, sans exclure personne de l’amour bienveillant de Dieu, comme nous y invite Jésus ce matin, ne signifie pas pour autant accepter la présence et la prolifération du mal, en soi et autour de soi, dans ce vaste champ qu’est le monde. Tout au long de son ministère, Jésus s’est opposé et a lutté activement contre toutes les formes du mal. Le mal physique, psychologique et spirituel, en guérissant les malades, en libérant les possédés, en pardonnant les péchés. Le mal économique, social, politique et religieux : en dénonçant les abus de pouvoir, l’exclusion, la discrimination, et en invitant au partage des biens, à la justice et à la droiture. Le mal de l’être, en nous découvrant le projet de Dieu qui donne sens à notre vie, en donnant sa vie par amour, et en triomphant de la mort par sa résurrection.

Laisser pousser ensemble l’ivraie et le bon grain. L’expérience du jardinage nous montre que la mauvaise herbe est beaucoup plus envahissante que les bonnes pousses. En est-il ainsi pour le royaume des cieux? Si l’on regarde l’histoire de l’humanité depuis ses débuts et la situation mondiale actuelle, si l’on regarde l’histoire de l’Église depuis ses débuts et sa situation actuelle, si on consulte surtout les médias comme source d’informations, si enfin on regarde sa propre vie, on serait tenté de dire que oui. En nous proposant la parabole du grain de moutarde et celle du levain, Jésus semble plus confiant. Pas de proportion entre le minuscule grain de moutarde et l’arbuste qui en jaillit. Il suffit d’une infime quantité de levain pour faire lever une masse considérable de pâte. Le souffle de l’Esprit qui anime Jésus, souffle de vie, d’amour et de liberté, ne cesse d’œuvrer à notre liberté d’enfants de Dieu.

Laisser pousser ensemble l’ivraie et le bon grain.
La nouveauté et la force de cette parole peut nous échapper. Cela n’allait pas de soi dans la société juive qui était celle de Jésus. Société ou on lapidait les adultères, ou l’on mettait à mort les déviants de l’orthodoxie religieuse, les blasphémateurs et les faux-prophètes. Jésus et ses disciples n’échapperont pas à cette collusion du pouvoir politique et du pouvoir religieux.

Laisser pousser ensemble l’ivraie et le bon grain.
Cela ne va pas de soi dans certaines parties de notre monde actuel. À Mossoul, en Irak, les familles chrétiennes avaient jusqu’à hier midi pour se convertir à l’islam, s’exiler ou périr par l’épée. Il semble que cette mesure vise aussi les chiites, considérés comme des musulmans dissidents. Pour le calife qui a ordonné cela, il faut à tout prix arracher cette ivraie qu’est la foi chrétienne ou ces mauvais musulmans. Cela nous scandalise, et avec raison, et appelle notre prière pour ces croyants persécutés.

C’est aussi une invitation à revoir nos pratiques chrétiennes séculaires, depuis l’intransigeance vis-à-vis des groupes dissidents, en passant par les croisades, jusqu’au refus encore récent du dialogue entre Églises chrétiennes, avec les juifs, avec les autres religions. Où est l’ivraie, où est le bon grain?

f. Sylvain

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