3 janvier 2010

Chronique septembre-décembre 2009

Abbaye Val Notre-Dame

Chronique septembre-décembre 2009


En l'an du Seigneur Jésus Christ deux mille neuf, le vendredi neuf octobre, Nous, Gilles Lussier, évêque du diocèse de Joliette, avons consacré l'église abbatiale et l'autel de l'Abbaye Val Notre-Dame, habitée par les moines cisterciens venus d'Oka le premier mars de la même année de grâce deux mille neuf.

Chers Frères et Sœurs dans la vie monastique,


C'est ainsi que s'ouvre l'acte attestant la consécration de notre église monastique. Cet événement tant attendu était en quelque sorte le couronnement et l'aboutissement de six années de discussion, préparation et de construction qui ont accompagné notre communauté tout au long du processus pour réaliser le choix qu'elle avait fait de quitter son monastère d'Oka... On connaît l'enchaînement de toutes les étapes : vote décisif du 7 mars 2003; annonce publique de notre départ d'Oka le 4 mai 2003; découverte du terrain à la Montagne-Coupée le 26 juillet 2003; mise en vente de notre propriété d'Oka en août 2003; offre d'achat du Centre Touristique de la Montagne-Coupée le 17 septembre 2003; mise en place d'un concours d'architecture en décembre 2003; signature du contrat d'achat du Centre Touristique de la Montagne-Coupée le 5 mars 2004; les jurys du concours d'architecture tenus les 1er juillet et 21 septembre 2004 retenant l'architecte lauréat : Pierre Thibault de Québec; d'octobre 2004 à juin 2005, établissement des plans préliminaires; de septembre à décembre 2005 : construction d'une route de 1,8 km avec l'enfouissement des câbles électriques et de la fibre optique; été 2006 : travaux des infrastructures de l'abbaye : puits de géothermie, creusage de l'étang, puits d'eau potable, roseau épurateur; de juin 2005 à juin 2007 : établissement des plans définitifs; le 11 mai 2007 : signature de l'acte de vente de la propriété d'Oka à la Corporation de l'Abbaye d'Oka; juin 2007 : appel d'offres pour finalement donner le contrat de construction à l'entreprise générale Bernard Malo Inc. de Joliette; le 13 août 2007 : bénédiction du chantier et première pelletée de terre... Une aventure bien concrète, repérable sur un calendrier; une aventure spirituelle aussi, plus cachée et secrète qui a marqué et façonné notre communauté tout au long de ces six années. La consécration de notre église du Val Notre-Dame était la reconnaissance de ce cheminement et de son aboutissement par l'église de Joliette, dans la personne de son évêque et des nombreux prêtres présents; reconnaissance également par l'église de Saint-Jérôme à laquelle nous avions appartenu et représentée par son pasteur, Mgr Pierre Morrissette. Enfin, reconnaissance par l'église de Sainte-Anne-de-la-Pocatière dont le pasteur, notre frère-évêque Yvon-Joseph Moreau et ancien Abbé, était présent.


Aboutissement d'un long cheminement, oui, mais aussi point d'arrivée d'une préparation immédiate de la célébration initiée deux mois plus tôt. Après qu'un comité ad hoc ait arrêté les éléments de la célébration au début du mois d'août, nous avons commencé à travailler le chant de la liturgie avec M. Philippe Lenoble, maître de chœur de la cathédrale du Mans en France et à qui Père Abbé avait déjà fait appel pour aider les chantres d'Aiguebelle. M. Lenoble, en plus de travailler avec F. François pour faire le choix des chants de la liturgie, a commencé la répétition des pièces choisies avec la communauté et la schola. Après son départ, les classes de chant ont continué avec notre nouveau professeur de chant, M. Claudel Callender de Repentigny. D'autre part, Père Abbé s'occupait de tout ce qui concernait les invitations; F. Sylvain travaillait à la préparation du banquet et F. Lucien, cérémoniaire, à toute la logistique de la célébration liturgique. En jetant un regard rétrospectif sur la préparation de ce grand événement, c'est finalement chacun des frères de la communauté qui a été amené d'une manière ou d'une autre à donner un coup de main à un moment donné.


En quelques chapitres, Père Abbé nous avait aussi conduit à approfondir l'événement de la dédicace pour une communauté monastique et une église diocésaine. En reprenant les différents rites de la liturgie dédicatoire, Père Abbé avait retracé les figures des sacrements : le baptême : aspersion des murs et illumination de l'église; la confirmation et l'ordination: onction de l'autel et des murs après la litanie et la prière consécratoire; mariage : préparation et ornementation de l'autel pour terminer par la célébration eucharistique.
Dès le 6 octobre, la fièvre de la dédicace se faisait plus intense dans nos murs avec l'arrivée de notre Père Immédiat, Dom Jean-Marc de Bellefontaine, accompagné de deux de ses frères : FF. Yvon et Bernard. Le lendemain, c'était au tour de notre frère évêque Dom Yvon-Joseph, de Dom Damian et Père Gabriel de Spencer et Dom Marcel des Prairies de faire leur entrée au Val. Enfin, le jeudi 8 octobre nous arrivaient les autres représentants monastiques de la région : Mère Alfréda et S. Ann de l'Assomption, Mère Marie du Bon-Conseil avec l'aumônier, notre frère Yves, Dom Jacques de Mistassini, Dom Bède et P. Graham du Calvaire, Dom Raphaël de Rougemont et Dom André Laberge de Saint-Benoît-du-Lac. C'est avec beaucoup d'émotion que nous avons commencé la célébration de la dédicace avec le chant des premières Vêpres en présence de tous nos hôtes. L'équipe de l'émission télévisée Second Regard de Radio-Canada, dirigée par Jean-Robert Faucher, était déjà présente sur les lieux depuis le début de la matinée pour capter des images de ces deux journées mémorables.


Le vendredi 9 octobre s'ouvrait sur une journée pluvieuse. La procession prévue depuis l'étang vers l'église a été muée en un rassemblement sous le grand toit du parvis de l'église, toit qui démontrait son utilité comme l'a fait remarquer l'architecte Pierre Thibault. La célébration présidée par Mgr Gilles Lussier s'est parfaitement déroulée et s'est étalée sur plus de trois heures, les rites se succédant posément dans une assemblée recueillie et participant pleinement à la liturgie. La schola bien préparée, accompagnée à l'orgue par notre organiste M. Gaston Arel, a excellemment soutenu les chants liturgiques, tantôt à l'unisson, tantôt en polyphonie et généreusement repris par toute l'assemblée. Après avoir consacré l'autel, Mgr Lussier a confié aux évêques présents et à notre Père Abbé l'onction des murs de l'église. Après la liturgie, les invités et la communauté ont poursuivi la fête en partageant le banquet autour des tables qui avaient été préparées dans la salle du Chapitre et dans le Réfectoire de la communauté. Pour les célébrations de ce jour, Mère Hélène, abbesse bénédictine de Notre-Dame-de-la-Paix à Joliette et Mère Micheline, prieure du couvent des Dominicaines de Berthierville, accompagnées toutes les deux d'une moniale, avaient complété la présence monastique. Les autres invités étaient principalement des prêtres diocésains et des membres de communautés religieuses proches de notre communauté, les professionnels de la construction, l'entrepreneur général et aussi quelques familiers et voisins de l'Abbaye. Nous nous sommes longuement attardé sur l'événement de la dédicace car elle a scellé le long processus de notre transfert et consacré à jamais notre église monastique. Désormais le 9 octobre de chaque année ramènera la solennité de la dédicace de l'église du Val Notre-Dame.


Autour de la Dédicace


Revenons à tous ces frères et sœurs très chers qui nous ont visités à l'occasion de la Dédicace. Rappelons d'abord que nous avions espéré la présence de notre Abbé Général, Dom Eamon Fitzgerald, qui avait accepté de venir. Mais peu de temps après son acceptation, le Vatican annonçait la canonisation du Bienheureux Rafael, un moine espagnol de notre Ordre pour le 11 octobre, deux jours après la Dédicace. Le court délai entre les deux événements ne laissait pas assez de temps à Dom Eamon pour assister aux deux célébrations et comme Abbé Général, il se devait d'être présent à la canonisation d'un membre de sa famille religieuse. Il nous a quand même honorés de sa visite du 21 au 25 septembre accompagné de son secrétaire, notre frère William. Nous avons apprécié l'homme humble, attentif à rencontrer et à écouter chaque frère. Il a aussi présidé quelques chapitres pour nous informer de la situation de l'Ordre et de quelques monastères visités depuis le début de son mandat d'Abbé Général initié en octobre 2008. Nous avons profité de la présence de l'Abbé Général pour inviter notre évêque, Mgr Lussier, a procédé à la bénédiction du monastère et de l'Atelier. Mgr Lussier a aimablement accepté l'invitation et même écourté sa présence à l'Assemblée des Évêques du Québec tenue à la même date. Cette célébration simple et significative a eu lieu le 24 septembre dans l'intimité de la communauté. À cette occasion, après une liturgie de la Parole tenue au Chapitre, notre évêque, accompagné de l'Abbé Général et de notre Père Abbé et suivi de la communauté en procession, a parcouru les trois niveaux du monastère et les locaux de l'Atelier en aspergeant les murs d'eau bénite et en appelant les bénédictions du Seigneur sur nos lieux de vie. À l'issue de la célébration, nous avons pris un repas festif en compagnie et notre évêque et de l'Abbé Général au Réfectoire de la communauté.


Parmi les visiteurs accourus à la Dédicace, relevons à nouveau la présence de notre Père Immédiat, Dom Jean-Marc de Bellefontaine accompagné de deux de ses frères, les FF. Yvon et Bernard, qui découvraient le Val Notre-Dame. Avec Dom Yvon-Joseph, ils sont passés voir notre monastère d'Oka et dans la semaine suivant la Dédicace, pilotés par Dom André, ils ont fait un crochet jusqu'à Rogersville pour faire connaissance des communautés du Calvaire et de l'Assomption. En passant à La Pocatière, ils n'ont pas manqué de saluer notre frère-évêque et de visiter son célèbre évêché et sa cathédrale.
Soulignons aussi la visite du Père Abbé de notre monastère-sœur de Spencer aux États-Unis accompagné du Père Gabriel Bertonière. Tous les autres supérieurs et supérieures nous étaient connus. Mère Alfréda était accompagnée de Sœur Ann de sa communauté, dont c'était non seulement la première visite au Val Notre-Dame, mais aussi son premier séjour au Québec. Aussi le samedi 10 octobre, avons-nous fait faire un tour de Montréal à nos visiteurs de Spencer, de Bellefontaine ainsi qu'à Sœur Ann. Pendant ce temps, nos Abbés et Abbesses ne chômaient pas puisqu'ils avaient profité de la présence de tous et toutes pour tenir une réunion pour partager la vie de leur communauté et s'encourager les uns les autres. Revenons aussi sur la présence lors de la Dédicace de Mère Hélène des bénédictines de Joliette et de Mère Micheline des dominicaines de Berthierville, deux communautés monastiques de notre nouveau diocèse que nous apprenons à connaître. Nous avons aussi revu le frère Luc Lamontagne de Saint-Benoît-du-Lac venu chercher son Abbé à l'issue des fêtes.
Le dimanche 11 octobre, Dom Jean-Marc de Bellefontaine présidait l'eucharistie dominicale dans notre église encore éclairée par les bougies de la Dédicace. Dans son homélie, avec un lien très à-propos à l'évangile du jour, l'évangile du jeune homme riche, il a relevé les traits de sainteté de Saint Rafael Arnaiz Baron canonisé ce jour-là, nous mettant en communion avec les moniales et moines cisterciens présents sur la place Saint-Pierre à Rome et avec toutes les communautés de notre Ordre très touchées par cet événement d'Église. À la fin de la messe, Dom Laberge ajoutait à l'allégresse en accompagnant la procession de sortie d'une brillante pièce d'orgue.


Une église consacrée constituée de pierres vivantes...


L'église consacrée signale la présence d'une communauté de croyants, les pierres vivantes qui la composent. Signalons les différents faits qui ont touché de près les frères de la communauté au cours des quatre derniers mois. À tout seigneur, tout honneur, relevons quelques activités de notre Père Abbé : du 7 au 12 septembre, il a effectué une première visite à l'abbaye des Prairies au Manitoba, une visite d'amitié, comme on dit, pour la distinguer de la régulière. Son dernier passage aux Prairies remontait à 1983; d'un côté comme de l'autre, on s'est fait remarquer que le temps avait laissé des traces et des rides.
Au début de septembre, F. Jean a prêché la retraite annuelle au Collège des Dominicains d'Ottawa. En novembre, il a passé quelques jours au monastère du Calvaire et en décembre, est allé à l'Université Laval de Québec en compagnie de Père Abbé pour présenter le bilan et les prospectives de notre Studium affilié à cette Université. Quant, il n'est pas occupé par le studium ou sa tâche de Prieur, F. Jean fait de l'entretien ménager et principalement le nettoyage des vitres dont il est devenu un expert.


En septembre, F. Martin a repris les études du baccalauréat en théologie; son trimestre l'obligeait à sortir deux fois par semaine pour suivre des cours de la faculté de théologie de l'Université de Montréal qui étaient donnés le lundi soir à Saint-Jérôme et le jeudi matin à Longueuil. Pendant ce trimestre, F. Martin a aussi perfectionné son jeu de la cithare qu'il a échangé pour un instrument plus gros et plus sonore de la même famille : un psaltérion. Avec beaucoup de virtuosité, il accompagne maintenant toutes les Petites Heures. F. Martin travaille aussi quelques heures par semaine avec le professeur de chant M. Callender et trouve aussi le temps de diriger la production de la chocolaterie.


Étant maintenant bien enracinée dans la terre du Val Notre-Dame, les activités des frères sont maintenant bien en place. L'Hôtellerie a repris sa vitesse de croisière sous la direction de F. Bruno-Marie, assisté de F. Jean-Marc. Tout à côté, l'équipe des portiers composée des FF. Bruno, Dominique et Marcel voit au bon accueil de toute personne qui se présente à l'Abbaye. À la cuisine, on retrouve FF. Sylvain et Bernard qui alternent les présences quotidiennes et les fins de semaine quand la nouvelle cuisinière, Madame Lise Brideau, embauchée le 11 novembre, n'est pas en service. FF. Sylvain et Bernard s'occupent également de la Buanderie et du Vestiaire. Quand F. Bernard a du temps libre, il coud des sacs qui se vendent bien au Magasin.
À l'Atelier dans la partie Pâtisserie, en retrouve le grand-maître pâtissier, F. Sylvain-Jacques, qui avec notre employé Richard et l'aide occasionnelle de frères, préside à la fabrication des gâteaux aux fruits, gâteaux aux dattes, caramel... F. Ronald pour l'étiquetage et F. Rosaire pour le pliage des boîtes apportent aussi leur contribution à l'industrie. Le vendredi, l'espace est libéré car l'Abbé et le Cellérier barattent le beurre d'arachides. À l'autre extrémité de l'Atelier, les bons petits chocolats sortent du tunnel réfrigéré après qu'ils aient été moulés par les soins de F. Martin, de F. Jean-Marc, ou de F. Dominic l'Africain qui fait aussi du chocolat blanc. Au démoulage, on retrouve F. Paul, F. Dominique l'Ancien et F. Bénédict.


F. François, F. Marcel et F. Clément se relaient pour le chant liturgique alors que F. André accompagnent Laudes et Vêpres à l'orgue, et parfois aussi la messe, et que F. Martin donne le même service aux Petites Heures avec la cithare. F. François est aussi occupé par l'Infirmerie comptant maintenant F. Gaston qui, après deux hospitalisations, nécessite des soins plus assidus. Ce dernier, malgré une perte progressive d'autonomie, conserve sa sérénité et son appétit de vivre.


Au Magasin, F. Clément, le grand magasinier, qui fait plusieurs fois par jour le kilomètre entre l'Abbaye et le Magasin, peut compter sur l'assistance de F. Ronald présent à la caisse-enregistreuse en matinée et sur F. André qui rend le même service en après-midi. F. Jean donne aussi son coup de main ainsi que Saji, un employé à temps plein; ce dernier, depuis le 29 novembre, garde le Magasin ouvert le dimanche avec le support de Carl, un travailleur-étudiant. En ouvrant le Magasin le dimanche, nous avons fait le choix qu'il n'y ait pas de moine présent sur place ce jour-là.
Enfin, le 8 novembre, au cœur de l'été des indiens ou, si on préfère, de la Saint-Martin, par une magnifique journée de fin d'automne, nous avons célébré l'office de None dans notre cimetière finalement et définitivement aménagé. Des pierres gravées indiquent les noms des frères reposant dans ce lieu béni.


Les activités des Portes ouvertes de l'été nous avait obligés à reporter la Fête des Jubilaires à l'automne. Nous l'avons jumelée avec la Fête de l'Abbé le 15 novembre, jour du premier anniversaire de son élection abbatiale. Jour d'action de grâces pour les 60 ans d'ordination presbytérale de F. Dominique, les 55 ans de profession de F. Rosaire, les 30 ans de profession de Père Abbé, les 25 ans de profession et les 20 ans d'ordination de F. Sylvain et les 15 ans de profession et les 10 ans d'ordination de F. Clément. Occasion exceptionnelle pour dire Merci à Dom André pour l'accompagnement pastoral qu'il nous a prodigué tout au long de cette année tout à fait unique. Le 17 décembre, dans l'intimité de la communauté, Père Dominique marquait le soixantième anniversaire de son ordination en présidant notre messe conventuelle.
Nous continuons de garder vivants les liens qui nous attachent à notre frère Yvon-Joseph depuis son lointain évêché. Nous l'avons accompagné de notre prière et de notre affection lors de son séjour à Rome en septembre dernier alors qu'il faisait l'apprentissage romain de la charge d'évêque, ce que ses confrères québécois appellent humoristiquement : cours d'épiscopat 101. Nous avons hérité d'une belle photo le montrant avec Benoît XVI et portant calotte violette et habit cistercien.


Une Église consacrée ouverte...


Outre les visiteurs présents pour la célébration de la Dédicace, nous avons accueilli des visiteurs soit monastiques, soit séculiers au cours de ces derniers mois.
Signalons en premier lieu, la présence dans nos murs du Père Jean-Emmanuel de Ena, carme, du 14 au 18 septembre pour nous donner une session sur le Cantique des cantiques chez Origène et Guillaume de Saint-Thierry. Une session qui a été appréciée, mais malheureusement suivie par un nombre limité de frères. Quand la date de la session avait été arrêtée, nous pensions habiter depuis un bon moment un monastère bien construit où la vie monastique calme et silencieuse aurait repris ses droits, ce qui n'était pas encore le cas en septembre. F. Théophane de Rougemont a suivi la session... Son passage nous a donné l'occasion de saluer P. Guy de sa communauté qui venait en même temps quérir la première cithare qu'abandonnait F. Martin.


Le 16 novembre, nous arrivait pour une visite d'une dizaine de jours, notre ancien Père Immédiat, Dom Étienne de Bellefontaine. Comme il nous avait accompagnés dans les premières étapes de transfert de la communauté, nous lui avions remis un billet d'avion qu'il devait utiliser quand la communauté aurait réalisé son déménagement au Val Notre-Dame. Il a été émerveillé par le bâtiment, sa luminosité et son ajustement à la taille de notre communauté; émerveillé également par le paysage entourant le monastère. Pendant sa présence parmi nous, Dom Étienne nous a partagé le fruit de son travail sur l'œuvre de saint Basile. Les 20 et 21 novembre, Père Abbé a fait un rapide aller-retour avec Dom Étienne jusqu'à Sainte-Anne-de-la-Pocatière pour saluer encore une fois notre frère-évêque.


Il vaut la peine d'ajouter quelques lignes pour raconter l'arrivée rocambolesque de F. Dominic du monastère de Victoria en Ouganda. Nous attendions sa venue depuis quelques mois, mais le ministère de l'Immigration étant plus que circonspect avec certaines nationalités, il a fallu du temps au F. Dominic pour avoir tous les documents en règle pour venir commencer au Val Notre-Dame son séjour de trois ans. Enfin, l'arrivée de F. Dominic était annoncée pour le 19 novembre à l'aéroport de Québec... C'est qu'on lui avait tellement dit que le Val Notre-Dame était au Québec qu'il avait réservé son billet pour l'aéroport de Québec, tout en ayant à changer d'avion à Montréal. Première intervention : changer son billet d'avion pour Montréal qui est plus près du Val. Le 19 novembre, Père Abbé se rend à l'aéroport de Montréal où il passe près de 5 heures à attendre. Longtemps après que l'avion soit arrivé et que plus un passager ne traverse les barrières (signalons qu'il est impossible de savoir si un passager est gardé dans les bureaux de l'Immigration ou s'il était présent dans l'avion), Père Abbé est revenu au Val où il a trouvé dans sa boîte de messagerie électronique un message de F. Dominic annonçant qu'il avait raté l'avion et que son arrivée aurait lieu le lendemain 20 novembre. Père Abbé ne pouvait être à l'aéroport pour cette date car le voyage à La Pocatière en compagnie de Dom Étienne était déjà organisé. C'est donc F. Jean conduit par F. Martin qui s'est rendu accueillir F. Dominic à l'aéroport. Après trois heures d'attente vaine, les deux frères ont décidé de rentrer au Val. Qu'était-il arrivé au F. Dominic ? Père Abbé était à La Pocatière et les messages de F. Dominic arrivaient toujours dans ses messagerie électronique ou téléphonique. Tôt le samedi matin, le prieur et le cellérier inquiets de n'avoir aucune nouvelle de F. Dominic se sont mis en lien avec Dom André pour avoir l'autorisation d'avoir accès à ses messageries. Deux messages téléphoniques ont été trouvés : la veille au soir à 18h03 (FF. Jean et Martin avait quitté l'aéroport à 18h), F. Dominic signalait qu'il attendait à l'aéroport. Un deuxième message enregistré à 20h par une dame des renseignements de l'aéroport nous informait que le F. Dominic attendait toujours qu'on vienne le prendre. Voilà qu'il était 7h le lendemain matin; où avait passé la nuit le F. Dominic... ? Où était-il maintenant ? Nous avons fait plusieurs appels à l'aéroport et F. Jean projetait de retourner à l'aéroport tout de suite après la messe. Au moment où F. Jean allait partir, voici que la Porterie annonce que le F. Dominic vient d'arriver. C'est alors que nous avons appris quelle nuit avait passé F. Dominic. Voyant que le Val ne répondait pas à ses messages, comptant l'argent qu'il avait sur lui, F. Dominic a recherché un taxi qui voulait bien le conduire à Saint-Jean-de-Matha avec la somme qu'il avait en poche et il a finalement trouvé le bon samaritain. Mais arrivé à Saint-Jean-de-Matha sur le coup de minuit, il fallait trouver le monastère. Dans les quelques restaurants ou commerces encore ouverts, personne ne savait où était le monastère. Le chauffeur de taxi commençait à trouver que son client était encombrant et voulait bien le déposer sécuritairement en quelque part; mais où ? F. Dominic a tenté d'avoir l'autorisation de passer la nuit au McDonald, mais c'était impossible. On a finalement trouvé quelqu'un qui a pu indiquer dans quelle direction on pouvait trouver le monastère à la Montagne-Coupée. On s'y est rendu, mais voilà qu'on a pris le Magasin pour le monastère. Sonne et sonne et sonne encore : mais personne ne répond et le chauffeur de taxi est de plus en plus impatient. On cherche le poste de police, mais il n'y en a pas à Saint-Jean-de-Matha. Un hôtel ? On les envoie au Grand-manoir où les propriétaires, les Robitaille nos amis, lui donneront enfin un bon lit pour la nuit. Ainsi s'achève la saga du débarquement de F. Dominic. Celui-ci est désormais bien intégré dans la communauté. On aura maintenant vu un africain faire de la raquette et du ski de fond à la Montagne-Coupée.


Le 23 novembre, pour signaler le départ de Dom Étienne, l'arrivée de F. Dominic de Victoria et le départ de F. Michel de Mistassini qui retournait dans son monastère après trois mois de présence au Val, nous avons organisé un souper festif pour remercier chacun d'eux et particulièrement F. Michel qui s'était discrètement glissé dans notre communauté et avait rendu des services appréciés au moulage à la Chocolaterie. F. Dominic a admirablement pris sa relève depuis.


Parmi les autres visiteurs, signalons le passage-éclair, le 2 décembre, de Dom Matthew, Père Abbé du monastère cistercien vietnamien de Tien-Phoc, monastère de la congrégation de la Sainte-Famille, venu pour nous demander d'accueillir pendant deux ans deux de ses frères. Père Abbé lui a donné une réponse favorable. Si tout va bien nous devrions accueillir ces deux nouveaux frères au cours de l'année 2010.
Dans les derniers jours de l'année, nous avons enfin pu mettre un visage sur le nom de Sœur Lucie du monastère de Laval en France que nous savions étudiante à l'Institut de Formation Humaine et Intégrale de Montréal depuis septembre. Elle passera avec nous la semaine de l'octave de Noël. Ce temps de Noël, nous ramenait notre évêque pour une troisième fois pour la traditionnelle visite qu'il fait chaque année à chacune des communautés contemplatives de son diocèse; c'est le dimanche 27 décembre qu'il est venu; arrivé pour la célébration des Vêpres, il nous a ensuite entretenu de la vie du diocèse au cours d'une rencontre au Chapitre avant de partager le souper avec nous au Réfectoire de la communauté.


Autres visiteurs monastiques : les frères et sœurs en formation des Fraternités Monastiques de Montréal en session de quatre jours avec leurs formateurs : Frère Benoît et Sœur Cécile. Trois frères de la communauté (FF. Jean, Sylvain et Lucien) leur donneront un enseignement sur une valeur de la vie monastique. Des mêmes Fraternités, du 26 décembre au 2 janvier, F. Théophane fera sa retraite d'ordination diaconale, parmi nous.


Pour marquer ses 65 ans, le Père Michel Boyer, franciscain de Lachute, avait souhaité partager notre quotidien; ce qu'il fera du 1er au 21 décembre.
Le 24 octobre, nous avions invité nos anciens employés d'Oka à venir découvrir notre nouveau monastère. Venus avec leur famille, ils ont été une trentaine à arpenter notre moutier. Autour d'un goûter, nous avons fraternisé en nous rappelant des événements du bon vieux temps d'Oka. C'était en quelque sorte la dernière journée de portes ouvertes, car depuis le 31 octobre, la clôture monastique a officiellement repris son rôle de gardienne de notre solitude.


Le dimanche 27 septembre, la famille de notre architecte Pierre Thibault, en tout une trentaine de personnes incluant son épouse, ses enfants, ses parents ainsi que ses frères et sœurs, neveux et nièces avaient choisi de souligner ses 50 ans sur le site de la Montagne-Coupée. Après avoir assisté à la messe, célébration qui leur a procuré des émotions perceptibles, et pris l'apéritif avec quelques frères de la communauté, ils ont partagé le dîner à l'Auberge de la Montagne-Coupée avant de faire une visite de l'Abbaye en après-midi. Des liens se sont désormais tissés avec cette belle famille noble et cultivée...
2009 était une année d'élections municipales au Québec. Aussi le 22 octobre, nous retrouvions le maire de notre village, accompagné du conseiller Jean Robitaille, qui venait nous présenter les résultats de son troisième mandat achevé et les perspectives à venir s'il était réélu... Le 1er novembre, il a été réélu avec une confortable avance.


Une église consacrée et médiatisée...


Le transfert de notre communauté, l'événement de la dédicace et aussi l'architecture du monastère ont, une fois de plus, conduit jusqu'au Val Notre-Dame plusieurs représentants de différents médias électroniques et écrits. Nous avons déjà mentionné la présence de deux journées de tournage les 8 et 9 octobre par l'équipe de Second Regard de Radio-Canada. On avait vu la même équipe tourner quelques scènes lors de la messe dominicale du 6 septembre pour un bulletin de nouvelles faisant le parallèle avec l'autre bulletin de nouvelles capté lors de la dernière messe à Oka le 22 février précédent. En plus du bulletin de nouvelles, cela a donné un reportage d'une dizaine de minutes lors de l'émission du 1er novembre. Comme la chaîne concurrente, TVA, ne voulait pas être en reste, l'équipe de l'émission Plus fort que l'amour a enregistré une entrevue avec Père Abbé et saisi des images de notre vie le 3 novembre dernier. Cette dernière émission sera diffusée en 2010. Pour sa part, la chaîne télévisée, Télé-Québec, a passé la journée du 28 octobre à l'Abbaye dans le but d'amasser du matériel pour faire un reportage d'une dizaine de minutes à l'émission La vie en vert qui traite de constructions écologiques et de développements durables. À cette occasion, notre architecte Pierre Thibault, le Père Abbé et le cellérier ont été sollicités. L'émission sera diffusée le 13 janvier prochain.
Trois photographes, dont un français, ont aussi passé quelques jours parmi nous pour prendre des photos de la communauté et des bâtiments dans le but d'illustrer des reportages qui paraîtront dans diverses revues, principalement des revues d'architecture, mais aussi des revues religieuses...


En lien avec les médias, nous avions décidé de collaborer aux Journées de la culture qui présentaient des événements culturels à travers tout le Québec, les 25 et 26 septembre. Une exposition d'une quarantaine de photos prises par notre frère Bruno-Marie présentant l'architecture de l'Abbaye a été montée dans la grande Salle polyvalente jouxtant le Magasin. L'exposition s'est prolongée jusqu'au 12 octobre alors que les locataires du Centre de ski commençaient à occuper ce local en préparation de la saison de ski de fond qui est bien amorcée au moment d'écrire cette chronique.


Une église consacrée, mais encore des travaux...


Ce n'est pas encore tout à fait le repos du guerrier... Les quatre mois couverts par la chronique ont encore vu des travaux... et des efforts parfois assez particuliers. Trois sous-contractants avaient déposé des avis d'hypothèque légale pour contester des différents avec l'entrepreneur. Il fallait régler ces affaires pour affranchir le bâtiment de toute poursuite avant la dédicace pour répondre aux exigences du droit canonique. Un marathon juridique s'est donc tenu et, seulement quelques jours avant le 9 octobre, grâce à la ténacité de notre entrepreneur et de nos conseillers juridiques, nous avons pu nous débarrasser des affaires judiciaires qui affectaient l'Abbaye.
Les travaux de correction, de finition se sont poursuivis... Le 22 septembre, la roulotte de l'entrepreneur général quittait le site de l'Abbaye manifestant que le chantier arrivait vraiment à la fin. Nous avons vu des ouvriers sur les toits de l'Abbaye pour corriger les rebords de toit qui favorisaient la formation de glace lors des redoux hivernaux. Les vitrages éclatés des fenêtres hautes du mur Sud de l'église ont été remplacés, ce qui nous a valu la présence d'échafaudages dans l'église pendant une dizaine de jours en septembre. Des corrections ont aussi été apportées sur les conduits de chauffage radiant, sur le système de traitement de l'eau potable. Le système de récupération des eaux grises a finalement été mis en marche le 1er octobre, mais pour être arrêté quelques semaines plus tard à cause du traitement inefficace du Roseau Épurateur qui devra, à son tour, subir des modifications majeures au cours de 2010.


Le mois d'octobre a aussi vu les travaux de démolition du vieux bâtiment qui, à l'entrée de notre propriété, a longtemps abrité le Centre de ski et le théâtre d'été de la Montagne-Coupée. On aussi installé une clôture avec barrières qui départagent visiblement le territoire monastique du territoire public.
Le 10 décembre a vu le grand branle-bas entourant la visite finale des ingénieurs en électromécanique. Électriciens, plombiers, techniciens du balancement, techniciens du contrôle, techniciens des portes automatiques avaient envahi le bâtiment comme aux beaux jours de chantier afin de faire les dernières corrections sur leurs ouvrages qu'ils voulaient voir définitivement acceptés par les ingénieurs.


Une église consacrée dans la nature...


La généreuse nature environnant l'Abbaye nous a conduits à constituer un bestiaire. C'est ainsi que nous relevons la présence d'une faune variée. Depuis nos stalles dans l'église, nous aurons aperçu des chevreuils et même un ours qui a lentement traversé devant la grande baie vitrée; ce dernier a tellement estomaqué un frère dont la charité m'oblige à taire le nom, que nous avons entendu ce frère répondre UN OURSSSS plutôt que de dire AMEN. À la sortie d'une messe dominicale, les laïcs ont pu admirer une indolente marmotte qui prenait un bain de soleil sur une pierre voisine de l'allée de la Porterie. Au gré de nos promenades, on rencontre encore des porcs-épics, des lièvres, des mouffettes, parfois aussi des ours; on a vu un loup, les traces dans la neige du lynx qui est venu jusqu'à la porte du monastère et la nuit, on entend parfois les hurlements des coyotes répercutés en écho dans la vallée de la rivière l'Assomption. À l'étang de la Porterie, on a pu observer une famille de canards, mais aussi le grand héron et un rat musqué qui se disputent les truites que nous y avions ensemencées.


Pour terminer, rappelons que nous avons vécu paisiblement notre premier Noël au Val. Avec les hôtes présents à l'Hôtellerie et quelques laïcs qui se sont risqués sur notre route enneigée, nous avons célébré dans la joie les offices liturgiques. Le réveillon a été pris au chapitre, réchauffé par le feu du foyer.
C'est ainsi que s'achève cette chronique.


La petite église du Val Notre-Dame vous souhaite une Bonne et Heureuse Année 2010.
Pour les frères du Val,

F. Lucien

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