6e Dimanche du Temps Ordinaire A

13 février 2017

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle.

Frères et Sœurs,

Nous le savons les évangiles ne nous rapportent pas tout l’enseignement de Jésus. Les trois années de prédication n’ont pas été enregistrées littéralement. Cela donne donc plus d’importance à ce que nous venons d’entendre. Jésus connait bien les critiques qui lui sont faites : c’est un enseignement nouveau, il renie la tradition des anciens, avec lui la Loi n’existe plus… Alors Jésus fait le point, c’est tout le début de notre évangile : Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir, rien de disparaitra de la loi, pas même le point sur le i. Mais faites attention, n’imitez pas les scribes, ne vous arrêtez pas à la lettre. Et pour illustrer son propos Jésus prend deux des dix commandements : Tu ne commettras pas de meurtre et tu ne commettras pas d’adultère.

Dans la nouvelle alliance que Jésus nous invite à vivre, ce n’est pas seulement le meurtre qui est interdit, mais tout ce qui peut blesser mon prochain lorsque quelque chose crée un différend entre nous. Jésus cite la colère et l’insulte. Il va même plus loin : si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, va d’abord te réconcilier avec lui, et seulement après viens présenter ton offrande. La paix entre frères et sœurs passe avant la prière et le culte rendu à Dieu. C’est tout l’objet de la première lettre de saint Jean, la foi au Christ nous fait aimer nos frères et l’amour de nos frères prouvent notre amour de Dieu.

« Tu ne commettras pas de meurtre » est le cinquième des dix commandements. Voici quelques-uns des sous-titres qui illustrent le commentaire du catéchisme de l’Église à ce propos : Le respect de la vie humaine, l’homicide volontaire, la légitime défense, l’avortement, l’euthanasie, le suicide. Il y a aussi le respect de la dignité des personnes, le scandale, le respect de la santé, le respect de la personne et la recherche scientifique, le respect de l’intégrité personnelle, le terrorisme, l’enlèvement et la prise d’otages, la torture, le respect dû aux morts, la sauvegarde de la paix, éviter la guerre. Voyez comment la nouvelle alliance élargie notre réflexion et notre façon d’agir.

« Tu ne commettras pas d’adultère » est l’autre commandement que Jésus explicite. Là aussi le catéchisme de l’Église nous donne un enseignement précieux. Les premiers paragraphes parlent de l’égale dignité humaine de l’homme et de la femme, de la différence et de la complémentarité homme-femme qui font l’harmonie du couple et de la société. C’est dans ce commentaire que se situe tout ce qui a trait à la vie du couple. Un propos délicat qui n’entre pas dans le cadre d’une homélie. Aussi revenons à notre évangile où Jésus nous invite à purifier notre regard : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle. » Jésus ne s’arrête pas à la matérialité des faits, il regarde l’intention du cœur humain.

On retrouve là l’essentiel de ce que Jésus veut nous aider à vivre. Certainement peu parmi nous ont tué, peu sans doute ont commis l’adultère; mais qui n’a jamais convoité l’intimité avec une autre personne, mais qui n’a jamais eu besoin de se réconcilier avec une autre personne. C’est un beau et rude chemin que Jésus nous invite à prendre. C’est ce qu’on appelle le chemin de la perfection, le chemin de la sainteté. Un chemin où l’on avance chacun à son rythme, parfois lentement, parfois plus rapidement. On fait des pauses sur ce chemin. L’important c’est de ne pas s’arrêter définitivement, de ne pas renoncer. Il y a toujours des progrès à faire, des petits pas à accomplir.

Pour nous conduire à son Père, le Fils de Dieu a pris ce chemin d’humanité. Ne doutons pas qu’il nous accompagne, qu’il nous guide selon la promesse faites à ses apôtres : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

f. Emmanuel