Marie, mère de Dieu

6 janvier 2017Non classé

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais, à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Frères et Sœurs, Dieu nous a parlé à nous par son Fils Jésus, à bien des reprises et de bien des manières tout au long de l’année 2016. Comment nous a-t-il parlé ? La question nous concerne tous personnellement. Elle nous concerne aussi comme famille, comme communauté, comme Église, comme peuple. Comment nous a-t-il parlé ? Quels événements, quelles paroles, quels gestes nous ont touchés durant l’année qui vient de s’achever ?

Il y a des événements heureux qui nous ont fait du bien ou qui ont fait du bien à ceux que nous aimons, une présence, une proximité du Seigneur qui nous a donné de l’élan et du souffle, qui nous a fait grandir dans notre vocation et dans notre mission. Et c’est bon de recueillir ces signes que Jésus a accomplis en nous et entre nous, dans nos familles, dans notre peuple. Ces signes ne sont pas tous écrits dans le livre des évangiles mais ils forment la page 2016 de notre histoire.

Il y a eu aussi des événements tristes ou douloureux, des parents, des amis sont disparus, il y a eu des trahisons, des reniements, des ruptures, des échecs, des combats personnels encore inachevés, des exils, toutes ces choses qui arrivent inévitablement dans toute vie humaine. Dans certains cas, nous les aurons vécus avec d’autres, entre frères, à la manière des trois enfants qui dans le feu de la fournaise, au cœur de l’épreuve, chantaient les louanges de Dieu et lui rendaient gloire. Nous l’aurons fait ainsi chaque fois que nous aurons su conserver la paix du cœur, la joie profonde qui nous vient de notre foi en la promesse de Jésus : et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Mais il y aura eu aussi, peut-être, des événements qui nous ont laissés sans mots, sans larmes, comme vides intérieurement, à cause de l’ampleur dévastatrice de ce qu’ils nous faisaient porter tout d’un coup. Des événements qui nous auront fait toucher du doigt notre fragilité humaine, ou celle des autres, et qui nous auront laissés, un temps, désemparés, dans la noirceur. À bien des reprises et de bien des manières, Jésus nous aura parlé.

Au premier jour de la nouvelle année, regardons Marie, la Mère de Jésus, elle qui retenait tous ces événements survenus depuis l’annonce qu’elle allait concevoir un Fils et que cet enfant, Jésus, serait le sauveur du monde. L’impossible et l’impensable. Regardons Marie qui accueille et retient tous ces événements. Et demandons-nous : quels événements voulons-nous retenir et conserver, nous, de ce que nous avons vécu depuis un an dans notre vie humaine et spirituelle, avec les autres et avec Dieu ?

Marie ne faisait pas que se rappeler tous les événements, ce n’était pas une rétrospective de souvenirs accumulés. Elle les intégrait en les méditant dans son cœur. Sur la route d’Emmaüs, les deux disciples qui venaient de vivre la passion et la mort de Jésus parlent entre eux de tous les événements survenus. Ils se les racontent, ils en parlent mais ils ne les ont pas encore digérés et intégrés dans leur vie, si bien qu’ils ne peuvent pas reconnaître Jésus qui est là, avec eux, marchant à leur côté. Marie médite les événements dans son cœur. Elle ne comprend pas tout. L’épisode au Temple de Jérusalem où Jésus s’est arrêté durant trois jours nous le dit clairement : Marie et Joseph ne comprirent pas ce que Jésus leur disait. Méditer dans son cœur, ce n’est pas tout comprendre. Nous le savons par expérience, il y a des événements dans chacune de nos vies qui n’ont pris du sens que des années plus tard. Jésus lui-même l’a dit d’abord à Jean-Baptiste puis à Pierre. Laisse-moi faire, ce que je fais tu ne le comprends pas maintenant, plus tard tu comprendras.

Mais en méditant les événements dans son cœur, Marie reste fidèle au oui qu’elle a dit à Dieu, elle garde un espace grand ouvert dans son cœur pour que Dieu puisse continuer à agir comme Dieu en elle et par elle. Faites tout ce qu’il vous dira. Et c’est ainsi que le monde change et se transforme. Dans la méditation des événements que nous avons retenus de 2016, nous préparons la fécondité de ce qui va venir durant la nouvelle année. Il y aura encore forcément de l’imprévu, de l’inconnu, des surprises. Mais l’histoire est maîtresse de sagesse et la nouvelle page d’histoire, de notre histoire, qui va s’écrire aura des racines dans notre vécu, dans ce que nous avons entendu, vu de nos yeux, dans ce que nous avons contemplé et touché de Dieu, du Verbe de vie, car la vie s’est manifestée et nous en avons été les témoins. En ce début d’année nouvelle, nous pouvons repartir… comme les bergers : ils repartirent tout joyeux à cause de tout ce qu’ils avaient entendu et vu. Tout joyeux parce que Dieu nous a parlé à bien des reprises et de bien des manières… et plus tout à fait les mêmes qu’hier… parce que porteurs à nouveau d’une bénédiction de Dieu, inépuisable, qui éclaire déjà tout ce qui est encore à venir… et qui nous rend capables, là où nous sommes, de ré-enchanter notre monde en y ajoutant un peu plus d’amour, de paix, de joie, d’espérance.

dom André