2e Dimanche de l’Avent A

4 décembre 2016

Frères et Sœurs,

L’hiver est à notre porte, les jours continuent de diminuer, la nuit se fait plus noire, même notre moral, notre état d’esprit s’en trouve atteint. Et pourtant depuis la semaine dernière, au cœur de la nuit, une petite lumière, vacillante parfois mais bien présente, a jailli. La couronne de l’avent prend forme, une deuxième lumière est désormais allumée. Et chaque début de semaine, une nouvelle bougie viendra se joindre aux autres, jusqu’à Noël. La nuit s’épaissit et du cœur même de cette obscurité, la lumière sans bruit, sans rumeur vient prendre sa place, toute sa place. Le contraste entre la nuit profonde et la lumière qui progressivement transforme les ténèbres pourrait être l’image de ce qu’est l’attente d’un évènement, elle s’appelle l’espérance.

Les textes liturgiques d’aujourd’hui nous décrivent bien cela. Le prophète Isaïe est un prophète de l’espérance d’un monde nouveau. Tout au long de ce temps de l’avent, il nous dit ce que sa foi espère. D’une souche de bois va jaillir un nouveau rameau. La souche c’est la lignée de Jessé, père de David. Celui qui va naître de cette famille-là aura tous les dons de l’Esprit : sagesse, discernement, force, connaissance du Seigneur, prince de la paix, homme de justice, de fidélité. Du pauvre, le prophète nous dit que celui qui vient est son frère. Les richesses extérieures n’ont plus de valeurs, l’important c’est l’être humain, il redevient ce qu’il n’a jamais cessé d’être, mais que la vie et les convoitises avaient caché, l’homme et la femme sont image et ressemblance de Dieu. La description d’Isaïe du loup avec l’agneau, du veau et du lionceau, de l’enfant qui joue avec le cobra veut donner corps à cette espérance, à cette foi, la création retrouvera sa beauté première. Cela n’est pas le rêve d’un homme perturbé. C’est une espérance, une foi profonde qu’avec le rameau de Jessé le monde va changer les hommes et les femmes vont abandonner leurs mauvaises habitudes. Le discours de Jean-Baptiste confirme cela. Les pharisiens et sadducéens qui s’approchent du baptême proposé par le Précurseur, doivent agir et vivre en fonction de cette espérance fondamentale qui les a poussée vers le baptême de l’homme du désert et les a fait descendre dans le Jourdain. Mais Jean n’est pas dupe. Son baptême n’est pas un ticket gratuit pour entrer dans le royaume. Comme il le dit : « Produisez donc un fruit de conversion ». Être descendant d’Abraham ne veut rien dire si ton attitude n’est pas conforme à l’espérance et aux gestes d’Abraham. C’est ainsi que nous devons comprendre le discours virulent de Jean-Baptiste.

Lui-même sait bien qu’il n’est qu’un ultime jalon dans l’histoire du peuple croyant. Il baptiste dans l’eau, mais celui qui vient baptisera dans l’Esprit-saint. Le travail de Jean est de préparer le chemin pour celui qui vient, de rendre droit ses sentiers. C’est-à-dire d’inviter les croyants à une conversion sincère, rien de tortueux ne doit exister dans notre vie pour accueillir celui qui vient. Vérité, justice, respect de l’autre, attention au plus démunis. C’est aussi ce que saint Paul nous invite à faire lorsqu’il nous invite à persévérer dans l’espérance en nous accueillant les uns les autres selon le Christ Jésus qui s’est fait serviteur pour manifester la fidélité de Dieu dans la réalisation des promesses qu’il a faites.

Voilà sans doute la vraie révolution de l’évangile. Dans notre société qui erre sans but, nous sommes invités au service des plus pauvres, des plus démunis pour manifester la fidélité de Dieu. C’est dans ce service que Dieu révèle son amour.

Que notre célébration fortifie notre foi, renforce notre persévérance et guide notre espérance vers les plus pauvres, et dans notre vie nous verrons les merveilles de Dieu.

f. Emmanuel