Chronique mai-août 2016

11 octobre 2016

Chronique de l’Abbaye Val Notre-Dame, mai-août 2016

À Val Notre-Dame, la modeste caravane poursuit sa traversée en alternance de brises et de grands vents, la brise présidant le plus souvent à l’ordre du jour. Comme si notre communauté s’était reconnue en lien de parenté avec cette attachante figure de la Sagesse, amie des hommes, assise à l’entrée de la demeure pour nous préparer une surprise de bonheur ! En quoi l’histoire de notre communauté est-elle différente de celle de toutes les autres maisons de l’Ordre, voilà ce qu’aujourd’hui notre chronique se donne mission de vous faire connaître.

Avec grande ferveur, un jeune couple présentait un jour leur nouveau-né à des amis. Ces derniers leur demandèrent alors ce que cet enfant pouvait bien avoir de différent de tous les autres enfants du monde ? Et eux de répondre : “C’est le nôtre !” Ainsi de notre communauté. La virginité de son mystère étant sauve, laissez-nous vous faire part de quelques échappées de sa lumière.

Le premier mai, nous vivons un bain de fraîcheur grâce à un groupe de “confirmands” qui participent à notre eucharistie en interprétant les chants d’entrée et de sortie. Le trois du même mois, l’univers monastique intrigant toujours la plume des journalistes en quête d’inédit, le photographe Bruno Rotival, dans le but de produire un volume, nous mitraille par la bouche de sa caméra.

Le 7 du même mois, à notre magasin, sous le thème “La joie de l’Aquarelle”, Frère Sylvain-Jacques participe au jury qui détermine les prix à distribuer à une vingtaine d’aquarellistes qui ont exposé leurs chefs-d’œuvre à notre magasin. Deux jours plus tard, dans le but de revitaliser le roulis de notre magasin, Dom André se rend à notre monastère de Mistassini pour une rencontre avec Dom Clément et Dominique Genest, le gérant de la Chocolaterie des Pères. Puis, le 11 suivant, pour nous rappeler que nous sommes membres à part entière d’un grand et beau pays, chaque frère remplit le formulaire du recensement Canada 2016.

Pour en revenir à notre moutier, il arrive que son architecte n’ait pas fini de faire la manchette. À preuve, voici qu’après avoir gagné le premier prix d’architecture pour la pureté des lignes de notre abbaye, François Cardinal, journaliste de la Presse, s’amène avec lui pour une visite ayant comme objectif de faire paraître un volume sur l’architecture de Pierre Thibault.

Puis, le 14 mai : au Centre Culturel, c’est l’Échofête Citoyenne de Saint-Jean-de-Matha. Nos frères Lucien et Sylvain-Jacques y tiennent la table de notre magasin. Dans les jours à venir, nous surveillerons l’achalandage pour savoir si nos représentants ont été à la hauteur de leur mandat !…

Le 15 courant, au chapitre, notre P. Abbé reprend la classification des chrétiens selon le Pape François, et il trace un parallèle avec les différentes sortes de moines que décrit saint Benoît dans sa règle. À chacun de nous de se situer dans l’échelle des représentants de la grande école même si, pour plus d’objectivité, il y aurait avantage à ce que cette mission soit confiée à quelqu’un d’autre plutôt qu’à chacun de nous…

Et, le 16 mai, branle-bas à notre chocolaterie ! La maternelle vigilance de notre gouvernement insiste pour que nous nous conformions aux normes sévères de tout espace où se préparent des produits destinés à la consommation. Les planchers seuls sont épargnés. Ce remue-ménage rappelle aux plus anciens ce jour où, à Oka, la confiserie, alors sous la direction de notre Père Barthélémy, avant de passer aux mains d’Agropur, avait été dans l’obligation de se “robotiser” avant la lettre.

Sur notre vaste propriété, il y a 45 kilomètres de pistes à la disposition des infatigables marcheurs. À l’origine, et bien avant notre arrivée ici, ces sentiers avaient été ouverts pour permettre aux “motoneiges” d’y circuler à qui mieux-mieux. Mais le bruit infernal de ces engins venant déchirer nos espaces de silence, nous avons autorisé seulement les marcheurs et les skieurs à y circuler. C’est là pour nous une opportunité d’établir un lien avec la population environnante, en même temps qu’un moyen d’éveiller tout ce beau monde aux bienfaits du silence et de la paix. C’est dans cette optique que P. Abbé participe à l’initiation de l’activité de marche nordique que “Espace Fitness” tient dans les sentiers de l’Abbaye.

Percée de lumière ce matin au chapitre, Père Abbé aborde la question du “bien mourir” en nous présentant la législation française qui établit sa loi sur le droit absolu à ne pas souffrir plutôt que sur le droit absolu de décider de sa mort. Les statistiques nous l’apprennent, 30% des personnes âgées qui demandent à mourir le font parce qu’elles sont fatiguées de vivre. Cette expression laisse à penser ?… N’y aurait-il pas avantage ici à parler plutôt de “lassitude de ne pas vivre” ?…

Le 20 mai, notre Père Abbé prend son envol en direction de Notre-Dame des Prairies pour apporter à nos Frères, à l’occasion de la visite régulière, l’assurance de notre communion en dépit de la distance qui nous sépare. Quelques jours plus tard, soit le 26, nos Frère François et Sylvain-Jacques se rendent à Shawinigan chez les moniales dominicaines pour la première d’un documentaire réalisé à l’occasion du transfert des religieuses de Berthierville à Shawinigan. Comme il se doit, notre Frère Sylvain-Jacques, y avait laissé son empreinte en  organisant la vente de garage.

Le 28 mai, notre Frère Lucien se rend à Pont-Viau pour rapatrier nos étudiants de l’FHIM : une pleine voiture avec grande variété de visages : Sr Eleanore de Glencain (Irlande), Sr Gabriela de Kibungo, Frère Bernard de Cîteaux et Frère Philippe de Mokoto. Au chapitre, ils nous partagent les émotions vécues à l’occasion de l’interminable parcours qui, de Mistassini, les a conduits jusqu’à l’infirmerie de l’Hôpital Général des Augustines à Québec, là où quelques Sœurs âgées de l’Abbaye de Notre-Dame du Bon-Conseil résident.

Ce même jour, dans nos portes, c’est l’ouverture de l’École d’été de la faculté de Théologie de l’Université Laval. Sous le thème “Monachisme et initiation”. Notre Frère Martin se joint au groupe de professeurs présents et, en l’absence du théologien Gilles Routhier, “Maître d’œuvre” de la démarche, P. Abbé préside l’ouverture de la session.

Et, pour finir le mois de mai en beauté, voilà que Dom Yvon-Joseph Moreau nous arrive pour passer une nuit chez nous. Le lendemain, accompagné de Frère Sylvain, notre Frère-Évêque s’envole pour la France afin de participer au 200e anniversaire de la restauration des monastères de Bellefontaine et de Laval.

À titre d’ouverture du mois de juin, P Abbé et Frère Emmanuel rencontrent à Saint-Hyacinthe les représentants de “Passions d’ici”, un organisme de distribution, avec comme objectif une éventuelle collaboration pour la distribution de nos produits.

Le 5, P. Abbé poursuit la série de ses substantiels chapitres en commentant l’aveuglement de Marie-Madeleine au matin de la résurrection, aveuglement vaincu par l’écoute. C’est en effet par la voix entendue qu’elle reconnaît Celui qui lui a ouvert les portes de la Lumière. On croit entendre ici, comme en écho, la voix de saint Benoît nous exhortant au silence : “Écoute, mon fils…”

Puis le 7, c’est pour lui la plongée dans un tout autre univers, celui d’un déjeuner-brunch du Centre de Développement Bioalimentaire de Lanaudière, section tourisme. Une saine mystique pouvant semble-t-il s’approcher sans danger d’une table bien garnie autour de laquelle les grands décideurs mettent à jour leurs plus récentes trouvailles.

Le jour suivant, notre Frère Bruno-Marie va reconduire Sœur Maria-Gabriela à Rougemont, et dépose Frère Bernard de Cîteaux à l’aéroport d’où il s’envolera vers son monastère pour une courte vacance. Il reviendra à l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal pour une troisième année d’affilée.

Le 11, dans la ligne de l’universel engouement pour les champignons, première formation d’initiation à sa culture. À préciser qu’il s’agit ici de champignons strophaires, (vous avez bien entendu : “strophaires” ?… Et, dans l’après-midi du même jour, question d’aider la digestion, on assiste à un récital d’orgue et de clavecin offert par M. Luc Beauséjour. Pour la circonstance, l’agence des “Beaux- Détours” amène chez nous deux autobus de mélomanes qui sont tout oreilles, en même temps que leur regard se laisse conquérir par la beauté des lignes de notre église.

Lundi 13, Frère Sylvain et P. Abbé se rendent à l’aéroport. Dom André a le temps d’y saluer Dom Yvon-Joseph, avant de s’embarquer pour Notre-Dame du Bon-Conseil, en compagnie de Mère Geneviève-Marie d’Échourgnac qui vient l’assister pour la Visite Régulière. En route, ils s’arrêteront à Québec, chez les Augustines pour saluer quelques-unes de nos Sœurs qui y sont en résidence.

Le samedi 18, plusieurs activités ont cours sur notre propriété. Une cinquantaine de marcheurs envahissent nos sentiers dans le but de ramasser des fonds pour la Société Québécoise du Cancer. De son côté, Frère Sylvain-Jacques anime une journée de visite pour une trentaine de servants de messe de Saint-Jérôme, tandis que Frère Martin et François Patenaude donnent une initiation à la culture des “champignons pleurotes” à une douzaine de personnes.

Le 24 juin, jour de fête nationale, dîner communautaire festif avec la bière de Spencer au menu. Et, pour ajouter à la liesse, nous célébrons les 60 ans de profession solennelle de notre Frère Jean-Marc, ainsi que les 27 ans de profession solennelle de Dom Yvon-Joseph. Notre Frère Lucien reçoit sa part du gâteau avec ses 23 années de profession. Au lendemain de cette fête, Frère Sylvain va conduire nos Frères Emmanuel et Martin à l’aéroport Trudeau d’où ils s’envoleront pour New-York où ils feront étalage de nos produits au “Fancy Foods”. Gare à vous, compétiteurs !

Le 29, nous arrive en pèlerinage la famille de Dom Yvon-Joseph, à laquelle s’ajoute un groupe de diocésains de Sainte-Anne de la Pocatière, Après la messe, présidée par notre Frère-Évêque, tout ce beau monde se retrouve à la salle du chapitre avec un petit verre à la main, ce qui ne nuit aucunement à l’ambiance festive !…

On nous apprend qu’en juillet, Dom Clément sera absent de son monastère, l’Abbé Général lui ayant confié la mission de faire la visite de nos monastères nigérians. Et du côté du Bon-Conseil, nous apprenons qu’un premier acheteur se montre intéressé à l’achat de leur propriété.

Ce même jour, en soirée, 40 invités participent à un souper cuisiné par Éric Fontaine, chef réputé des “Aventures Gastronomiques”, spécialisé dans la préparation des mets assaisonnés et accompagnés de plantes forestières comestibles. François Patenaude profite de cette occasion pour présenter ce qui se fait en ce domaine à l’Abbaye. Le 16 du mois, sous la direction de François Patenaude toujours, un groupe de personnes s’initient aux Plantes Forestières Comestibles. Suit, à 18h le souper 6 services avec, au menu, – prêtez bien l’oreille -: truite grise croustillante, pousses d’asclépiades au beurre avec sauce vierge aux boutons floraux; cerf rouge des Appalaches… (avez-vous déjà goûté?…) Et, pour finir, “Suprême de canette rôtie !” On vous fait grâce des autres pièces du menu. En après-midi, une vingtaine de personnes avaient pris part à une initiation aux plantes forestières comestibles. Suivra, à la galerie du Magasin, le vernissage de l’exposition de la Société Canadienne de l’Aquarelle qui nous revient pour une troisième année. Cette fois-ci, c’est Dom André qui en est le président.

La veille de la Saint-Benoît, P. Abbé centre son chapitre sur le rapport au monde tel qu’il le lit dans la Règle, elle qui, au lieu de la traditionnelle coupure du monde, consacre plusieurs chapitres sur le rapport au monde. Il en fait une application à ce que nous vivons actuellement comme communauté monastique dans l’Église de Joliette et dans l’économie locale.

En après-midi, Dom André reçoit Sœur Angèle, accompagnée de sept chefs cuisiniers. Et, le soir, au collège Esther-Blondin de Saint-Jacques, il participe au lancement de la tournée des chefs dans Lanaudière. L’Abbaye est invitée à y présenter un produit innovant. Le même soir, à Montréal, Frère Martin participe à une réunion des Benjamins de la Vie consacrée. Au milieu de toutes ces activités, mention est faite des 14 ans de fidélité silencieuse de notre réglementaire, Frère Rosaire.

En juillet, Jean-François Lhomme, toujours en attente de la vente de sa maison pour pouvoir nous rejoindre en communauté, passe une semaine avec nous. Le 20, Jean-Pierre Gravel passe 24 heures au milieu de nous et s’entretient avec des frères pour “étoffer” son volume sur le bonheur.

En ce jour du 31 juillet, c’est la fête de nos jubilaires. Notre Père Dominique célèbre ses 70 ans de profession. Dom Yvon-Joseph, en route pour donner une retraite aux Salésiens à Pierrefonds, s’arrête ici pour honorer notre jubilaire de son épiscopale présence. Trois autres Frères, à savoir Bruno, Philippe et Marcel ont 65 années de profession ; Frère Paul, 50 ans de sacerdoce. Suivent les autres jubilés de profession : Frère Bruno-Marie, 40 ans ; Dom Yvon-Joseph, 30ans ; Frère Sylvain-Jacques 15 ans ; Frère Martin, 10 ans. Le soir, au souper les jubilaires nous partagent leurs émotions…

Le 6 août, l’acoustique de notre Église se prêtant bien à la voix des artistes, la chanteuse Dominica Merola s’y invite. Et, le soir du même jour, à la salle d’exposition du magasin, vernissage du sculpteur et peintre Lucien Chabot. Le 12, P. Abbé nous fait part d’un commentaire sur lequel il travaille actuellement en vue d’une récollection qu’il doit donner au personnel de la Maison Diocésaine de Québec, le 24 août.

La journée du 13, 22 personnes viennent suivre une formation de deux jours donnée par François Patenaude et Jérôme Lizotte pour être initiées à la “Fabrication de leur pharmacie avec des plantes médicinales”. Et, le 15, en la solennité de l’Assomption, la communauté, suivie des fidèles, franchit la Porte Sainte de notre Église, un des lieux désignés par le diocèse pour gagner l’indulgence du Jubilé de la Miséricorde.

Pour passer du sacré au profane, disons que Stéphanie Charest et Nicolas Robert étant les nouveaux locataires du Centre de Ski de fond, ils signent aujourd’hui leur contrat.

Enfin, le 22 août, Dom Jean-Marc de Bellefontaine nous arrive pour la Visite Régulière. Il est accueilli par un souper festif. Il préside l’eucharistie du dimanche après nous avoir donné quelques lumières sur ce qui se vit à Bellefontaine.

Trêve de discours, l’automne s’amène à grands pas et avive en nous le désir de nous remplir les yeux de sa beauté.

Frère Yves, pour la communauté